Dimanche 13 septembre 2009 7 13 /09 /2009 23:21
Début août, au chalet d'Anne-Sophie, à Abondance dans les Alpes,
certains prennent de la hauteur,
quand d'autres découvrent l'attraction terrestre
Par celle in Brazil - Publié dans : les Alpes
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Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /2009 23:39
la tête au soleil
ou dans les étoiles
en face à face
bonheur total
vivement la suite
cet été
Par celle in Brazil - Publié dans : St-Jean-de-Luz
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Jeudi 21 mai 2009 4 21 /05 /2009 19:51

Le ksar d'Aï-Benhadou, camouflé dans la roche nue dont il a extrait ses murs ocre-roses, domine l'Oued Mellah que l'on traverse à dos de dromadaire ou pieds nus sur un chemin de grosses pierres glissantes.


Le plateau désertique à 1200m et les montagnes du Haut Atlas. Des cailloux, du sable, quelques chardons pour les ânes et la trace creuse d'un oued souvent tari.


En remontant la vallée du Dadès, les palmiers cèdent le sol aux bouleaux à l'écorce d'un blanc immaculé et aux amandiers en fleurs roses. Les parois abruptes en millefeuilles obliques ou tout en rondeurs rougeoyantes des gorges plongent à pic sur un camaïeu géométrique de cultures vert tendre.


L'absinthe du désert, ramassée entre Zagora et M'Hamid, où le désert de cailloux devient sable, les tamaris remplacent les acacias. Des nattes d'herbes séchées placées en bandes parallèles obliques de part et d'autres de la route empêchent le sable d'ensevelir l'étroite chaussée.


Nuit dans le désert. Le temps s'arrête autour du thé, du chat et de la tajine aux dattes. Le vent souffle et transporte le sable en légers nuages surfant sur les dunes à perte d'horizon. Les guides chantent dès le lever du soleil, c'est beau et apaisant ; comme les ramasseurs de riz au Laos, pour le courage aussi ; je me dis qu'en France on ne chante plus. Des puits creusés à plus de 15 mètres de profondeur apportent de l'eau salée qui relève mal le goût du dentifrice.


Par celle in Brazil - Publié dans : Maroc
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Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /2009 23:40

Réveil à Ouarzazate le matin du 6 mars.

Depuis la chambre, les maisons de terre rose aux ombres vives sous le poids du soleil.

 









Au centre du quartier de l'Unité, la mosquée d'Hay el Wahda dresse vers l'azur son minaret couronné d'une brochette de boules soutenant un petit croissant de lune.

En face, à la terrasse du salon de thé, il faut déguster les bonnes pâtisseries accompagnées d'un kawa. Pour du lait fouetté parsemé de grains de nescafé, demander un café !

 

 

La kasbah Taourirt domine le ksar. Cet ancien quartier juif et arabe, la palmeraie et le fleuve constituaient pour la demeure princière autant de protections contre les invasions. Dans la haute tour, les appartements sont plus vastes et plus décorés à mesure que l'on grimpe les étages pour aboutisr à ceux du Pacha. Les plafonds sont faits de tiges de laurier rose teintées de safran, coquelicot, henné, indigo, quartz, feuille de menthe et kohol, dessinant des formes géométriques entre des poutres de palmier ou de tremble.

 

Entre Ouarzazate et la montagne, la vallée luxuriante accueille des cultures maraîchères protégées du soleil par les larges feuilles des palmiers. Des petites levées de terre cernant les mini-parcelles carrées permettent de retenir l'eau guidée par un ingénieux système d'irrigation.

 








En attendant la sortie de l'école Marcel Proust.

En face, le salon d'esthétique me rappelle quelque chose du Brésil, dans un décor pourtant nettement plus... habillé...

Tapis au coeur du très populaire quartier de l'ancien ksar, le restaurant de la Kasbah des Sables surprend par la grandiloquence de son décor et de l'ambiance, fruits d'une observation subtile de la culture et des traditions marocaines, et de la patience que les passionnés savent acquérir pour aboutir leur rêve, dont leurs hôtes, aujourd'hui, se régalent.

Dos à la cheminée crépitante d'un des petits salons entourant les bassins, je peints l'entrée et son lustre gigantesque dans une semie pénombre apaisante.

Par celle in Brazil - Publié dans : Maroc
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 20:26

Je l'ai rencontré le 18 janvier 2009
Ele tinha 3 dias
46cm, 2kg320
Era biondo con grandi occhi neri
fantastic
bellissimo
wunderbar
extraordinario

signé / merci de m'aider à arrêter un des choix suivants :
1/ tata qui pique
2/ tanteline
3/ tartine 
Par celle in Brazil
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Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /2009 23:12
Bonne année 2009, disais-je donc...
 
Pour ne jamais oublier un réveillon :
- arrangez-vous pour que votre cousine italienne, qui habite Amsterdam et qui a la bonne idée de partir réveillonner sous le soleil de Madrid, vous prête son appartement en ville
- choisissez un hiver comme les hollandais n'en ont pas connu depuis 10 ans et regrettez de ne pas rester assez longtemps pour les voir patiner sur les canaux si le gel épaissit
- sortez boire un verre en début de soirée pour apprécier l'ambiance, léger comme l'air, presque rien dans les poches
- retournez tranquillement vers l'appartement pour vous préparer à la nuit la plus colorée de l'hiver
- fouillez bien votre sac et réalisez que vous n'avez aucune idée d'où se trouvent les clés
...
- abandonnez l'idée que la propriétaire, qui habite le même immeuble, qui est quasi sourde et la seule du pays à ne pas parler anglais, puisse vous ouvrir
- faites votre parcours en sens inverse et rencontrez l'Amsteldamois, celui qui vous conseille le serrurier de nuit, celui qui s'épate de votre chance ou celle qui vous offre des chocolats ("elle est à toi cette chanson...")
- pesez le pour et le contre entre trouver une chambre d'hôtel un 31 décembre sur la capitale et se réveiller au petit matin en bonhomme de neige sous un pont
- contentez-vous de la single room au 4ème étage du 3 étoiles et ... 
- admirez les feux d'artifices sur toute la ville, vue imprenable !

Epilogue : le lendemain dans l'après-midi et non sans mal, retrouvez les clés (restées sur la porte de l'appartement bien entendu...) mais retournez essayer le second hôtel 3 étoiles réservé au cas où par pré-paiement obligatoire de l'intégralité de la nuit.
Par celle in Brazil - Publié dans : Amsterdam
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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /2008 23:01

9°C à Paris le 17 octobre 2008. Vol 840 pour Ho-Chiminh-Ville avec Vietnam airlines, seconde de luxe, plutôt beaucoup mieux pour les jambes pendant 12h. Je découvre une langue étrange aux lettres ornées de flèches et d'accents incroyables. Escale à Phnom Penh, Cambodge, des japonais parlent aux hôtesses en anglais, ça paraît bêtement bizarre mais les langues asiatiques sont encore plus éloignées entre elles que les langues européennes.


Atterrissage à Vientiane, 34°C, yes!

Mon visa est tamponné en 5 minutes et Céline m'attend dans le petit aéroport de la capitale.

Consciente de mon décalage, elle -qui est arrivée à Bangkok en Thaïlande 18 jours plus tôt- se charge de commander un taxi et dégaine une impressionnante liasse de billets à l'effigie du président. La monnaie ne vaut pas grand chose (1€ = 11000 kip), les pièces n'existent pas et le plus petit billet affiche 500 kip.


Vientiane se parcourt facilement et agréablement à pied. Des vélos à louer pour pousser jusqu'au grand stupa doré, le tuk-tuk pour se ménager ou rejoindre les gares routières toujours plus loin des villes que les aéroports. 




Les rues sont bordées d'alignements de frangipaniers au parfum envoûtant, traditionnellement plantés près des temples et dont la fleur blanche est le symbole du pays.


Les temples abondent et brillent de toutes leurs dorures. Ils se trouvent au centre de jardins ornés de bouddhas dans diverses  mudras (positions), d'urnes funéraires richement décorées -parfois très disco (va savoir pourquoi, j'ai pensé à toi Béline, en prenant cette photo !)- et d'arbres remarquables (on a observé plusieurs fois 7 bouddhas aux positions toutes différentes entourant le plus bel arbre du jardin du temple). 




Le Wat Sisaket, temple situé au coeur d'une sorte de cloître, abrite 10000 bouddhas de quelques centimètres à plusieurs mètres.


Comme au Wat Haysok, temple aux 5 toits, les rampes des escaliers sont souvent des serpents, animal lié à l'eau et particulièrement à la pluie.

Devant chaque maison, une réplique miniature de temple permet de calmer les phi, esprits qui auraient l'envie de s'échapper des corps, par des offrandes. Le Laos compte 60% de bouddhistes et 30% d'animistes mais tous croient aux esprits.



Un peu à l'écart de la ville, Wat That Luang (Wat signifie temple, vous l'avez compris), abrite une hanche et un cheveu de bouddha dans son immense stupa doré. C'est le monument religieux le plus important du pays. 



A une quinzaine de kilomètres de la cité, un facteur cheval local a construit des centaines de représentations de bouddha en béton, dont un gigantesque bouddha couché, dans un parc bordant le Mékong (merci pour la belle photo Céline!).

















Le Mékong, large aux eaux brunes, appartient à la ville. Sauvages et boueuses, les rives accueillent quelques cabanes, un terrain de « pétangue » où les laotiens s'adonnent à l'une de leurs activités préférées depuis que la France y a laissé quelques traces version Marius et Jeannette, en plus de la baguette !










En coeur de ville, d'incroyables terrasses juchées sur de frêles pieux genre Mikado permettant de déguster la Beer Lao ou de bons et copieux petits plats en surplombant les eaux. C'est bon c'est sain.


Face à nous, la Thaïlande et sur le fleuve, à la tombée de la nuit, une longue barque effilée d'où s'échappe le chant d'un pêcheur.








Les gens sourient et saluent tout le temps, incroyable. Premiers rudiments linguistiques pour tenter d'établir un échange que le sourires facilitent énormément : « sabaïdi » (bonjour), « kop chaï » (merci) « kop chai laï laï » pour merci beaucoup. J'en resterai à peu près là...


Première grosse pluie pour réapprendre la patience. La saison des moussons devrait se terminer bientôt mais ces grosses averses ne durent jamais longtemps. Comme au Brésil, les parapluies servent aussi d'ombrelle.


A Vientiane, les Champs Elysées (véridique!) relient le palais présidentiel au Patuxai, un arc de triomphe inspiré du nôtre, quelques arabesques en plus !

Paris pourrait quant à elle reprendre l'idée géniale des poubelles de ville 100% en pneu recyclé.










Aucun stress, une guide patiente qui se chargera de m'orienter le temps de ma déconnection progressive pour m'immerger réellement dans ce voyage magnifique. La vie est belle...


Par celle in Brazil - Publié dans : Laos
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Dimanche 7 septembre 2008 7 07 /09 /2008 23:10

Quelques temps déjà que ce blog répond de manière inversement proportionnelle à une dite reprise d'activité aux normes européennes... Et je faisais quoi au juste ?

Deux bonnes semaines auront été nécessaires au dégel de mon corps et de mes esprits qui avaient été saisis par le froid à Bruxelles où la bière de bienvenue éclatée sur le carrelage de l'aéroport et les fruits tropicaux des voisins m'avaient pourtant bien réchauffé le coeur...
Quelques semaines à travers la France que j'ai retrouvé peu à peu, belle mais maussade et tellement pressée. Toujours ce froid...! Mais beaucoup d'amis pour nous accueillir, moi et mon sac collé au dos -je confirme : on ne se voit jamais autant qu'après une longue absence-, autant d'entretiens “pro” et au moment où tout le monde part en vacances, je décide de m'arrêter... en pleine forêt. Normal.

Impossible d’oublier cette Amazonie que je revis au quotidien :









autour de chez moi, la forêt sauvage et sans repères me donne des frissons d'incertitude,




l'écrasante canopée se défait de son masque de brume chaque matin, ces géants verts au pied desquels se tapissent des bêtes féroces qui ne sortent que la nuit venue,
 










le Rio Negro aux eaux noires tellement tumultueuses que je n'ose pas encore m'y plonger,











en retrait le modeste lodge de Lula,











et derrière, l'un de ces authentiques condominho (quartier fermé sécurisé),
des couchers de soleil tropicaux, pas d'eau potable, une connexion Internet inexistante
dans cette contrée reculée












et les cactus du désert de Tilcara à ma porte...

En fait, une très certaine envie de repartir...

Ce sera donc fin octobre avec la magrinha du tour d'Argentine... au LAOS...

Pour (re)commencer !


Par celle in Brazil - Publié dans : interlude
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Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /2008 09:18

A une centaine de kilomètres au Sud-Ouest de Rio, la petite ville de Paraty, située sur la côte Atlantique, est protégée de la mer par différentes îles et presqu'îles au relief marqué formant la baie de Parati.



Il pleut quand nous (Céline²) descendons du car, dans la petite rodoviaria située à deux pas du centre. Mais aussi furtive qu'appréciée, l'eau ne freine pas notre recherche active de la pousada chouette et économique qui ne semble pas pulluler dans le coin. On optera pour la petite chambre au fond du grand jardin de mamie-qui-ne-perd-plus-le-Nord-grâce-au-tourisme, où Céline s'endort aussitôt, terrassée par la somme des kilomètres avalés depuis son arrivée à Buenos-Aires...

 


Le centre historique de la ville est splendide dans sa simplicité et dans son rapport étroit au contexte géographique. 
Un quadrillage parfait de rues empierrées bordées de maisons blanches relevées de teintes vives, souvent ornées dans leurs angles de bandeaux bicolores aux motifs géométriques en relief.

 



Praça Matriz, à l'ombre des manguiers et des amandiers



Pas moins de quatre églises pour un peuple égal face à Dieu mais non face aux hommes : la grande 
Igregia Matriz, édifiée en 1787 au bord du rio Perequê-Açu sur lequel s'appuie le centre historique au Nord, l'Igregia Nossa Signora do Rosário, élevée en 1725 par et pour les esclaves noirs, la chapelle de Nossa Signora das Dores réservée aux blancs et l'Igregia Santa Rita, construite en 1722 pour les mulâtres affranchis. Sa façade à la fois simple et soignée est mise en valeur par une grande pelouse la reliant à l'eau du port dans laquelle elle se reflète.
           
Nossa Sra do Rosario, Capela das Dores et Igregia Matriz et Santa Rita, posée sur son tapis d'herbe

 


Dans les rues, les trottoirs, légèrement surélevés, sont abrités par l'avancée des toits et séparés de la chaussée par un fil d'eau en pente douce vers la mer. Les chaussées strictement perpendiculaires à la baie forment un creu destiné à recevoir l'eau des marées montantes. L'effet est impressionnant : la mer pénètre progressivement dans la ville par de petites ouvertures ménagées dans la digue qui la sépare de la baie. L'eau se retire plus tard laissant les rues parfaitement propres et découvrant, au pied des maisons faisant face à la baie, une belle prairie humide s'évanouissant plus loin dans l'eau.

      















Dominant la ville, le Forte Defensor Perpetuo est accessible par une route escarpée traversant une forêt tropicale où l'on admire de magnifiques bambous jaunes à rayures noires. Depuis la terrasse au sommet, la vue en surplomb sur la mer impose un arrêt bronzage sur les rochers.
  



















Vers le Nord, une succession de plages ourle la baie, où l'on peut manger aux terrasses des barraques-restaurants, à condition de choisir la table la plus éloignée des haut-parleurs à samba. Décor splendide des îles dispersées dans l'eau, rochers nus ou collines boisées parfois devenues le jardin d'une cabane de Robinson...

et si on se retirait du monde ?


Depuis la praia Jabaquara

Côté saveurs, la spécialité ici, ce sont les longs gâteaux au coco rapé de diverses saveurs (lait, ananas, goyave...) entassés en pyramides sur des tables pliantes. Dans le centre ancien, des vendeurs ambulants proposent  des pâtisseries sagement rangées dans les nombreux casiers en bois de caissons mobiles protégés du soleil par de grands parasols.

Moins authentique : le café où l'on vous annonce en vous présentant la carte qu'il faut consommer pour un montant minimum – on sort aussi sec – et la caipirinha pas trop chère mais franchement mauvaise du bar où on s'est prises pour Gault et Millau...

Touristique Paraty ? Quand les vendeurs vous abordent dans la langue de Shakespeare, on s'inquiète. Quand on entend parler uniquement anglais et français autour de nous, on se sent ailleurs. Quand on constate que les serveurs ne sont pas toujours agréables, on en a la certitude : ça ne ressemble pas aux brésiliens. Alors on se demande si toutes ces façades restaurées ne sont que de la poudre aux yeux, si la beauté des villes est inversement proportionnelle à la fréquentation touristique, comme les prix à l'amabilité ambiante.
Mais on se dispense de répondre pour mieux profiter car après tout, nous aussi, nous sommes des touristes...

Par celle in Brazil - Publié dans : Rio de Janeiro
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Dimanche 4 mai 2008 7 04 /05 /2008 12:20

Ce n'est pas un mythe, le Brésil ne fait qu'un avec la musique et la danse.
Avec le bruit aussi, mais passons sur ce sujet qui mériterait un article à lui tout seul...


A Manaus, le célèbre teatro Amazonas, plus connu en Europe sous le nom d'opéra de Manaus, offre une panoplie aussi riche que diversifiée de concerts, jazz ou classique, souvent gratuitement.
Le bâtiment, style néo-classique 19ème aux murs roses, n'aurait que peu d'intérêt sans sa coupole coiffée de tuiles vernissées (venues tout droit d'Alsace) aux couleurs du Brésil.
 


Opéra à l'occasion des 10 ans de l'orchestre philharmonique de Manaus 


Concert de cuivres par l'Amazonas Band


Et si l'on s'étonne de voir la moitié de la salle vide, c'est que la majeure partie de la population n'est pas habituée à ce type de spectacle en salle, parce que la musique se vit avant tout dans les rues. Les concerts en plein air rassemblent ceux qui passaient par-là et s'arrêtent spontanément pour écouter et danser. A la brésilienne, au jour le jour. Sauf pour l'ouverture du festival annuel d'opéra qui a eu lieu 2 jours après mon départ avec un spectacle présenté jusqu'alors uniquement en Pologne où il a eu un franc succès, créé par Roger Waters, oui, le guitariste-bassiste des Pink Floyd... Surtout ne rien regretter.

 



Concert sur la praça Sao Sebastao de Manaus

 
















Mais le Brésil vit d'abord au rythme de la samba. Rien à faire, ils l'ont tous dans la peau dès qu'ils savent marcher et ne comprennent pas notre inaptitude à bouger nos (petites) fesses. Qu'à cela ne tienne, je décide de commencer à me former et Patricia, la seule brésilienne au monde à ne pas savoir danser la samba, tente de nous trouver une solution.
Pour apprendre à danser classe et pro, rien de tel que le « 
Ritmo quente » (rythme chaud...), une école de danse de Manaus qui ouvre ses portes tous les samedis soirs aux danseurs avertis et aux amateurs. Mais quand je constate en rentrant que tous les danseurs ne se permettent pas un faux pas, qu'ils passent avec aisance de la samba au forro puis au zouk, je choisis la chaise la plus éloignée de la piste, bien calée derrière une table, totalement inaccessible. Malgré cette précaution, un aimable courageux a l'audace de m'inviter (c'est le grand problème des brésiliens, jamais indifférents, toujours heureux de découvrir de nouvelles têtes et prêts à discuter). Je refuse avec un grand sourire idiot en lui expliquant que 2 mois au Brésil ne m'ont pas encore permis d'acquérir le déhanché nécessaire à un accompagnement digne de ce nom... Et j'entreprends aussitôt une analyse détaillée de cette samba sensuelle et de ce zouk aux mouvements très nettement apparentés à des ébats sexuels. Presque gênant. 

Petite démonstration de samba
 
J'en arrive ainsi à me demander si le danseur brésilien face à un tel bouillonnement corporel si légèrement couvert est :

1 : formé dès son plus jeune âge par des moines bouddhistes à la maîtrise totale de ses pulsions

2 : forcément homosexuel

3 : totalement frustré quand la fin du morceau l'oblige à se détacher de ce corps chaud qu'il maîtrisait d'une main parfaite... Et en plus il sourit.
 

Pour danser sans complexe et terminer la nuit dans une ambiance de seconde zone, il y a la "Companhia do Forro", où l'on danse le ... forro :  4RS pour les filles, 8 pour les garçons, ça donne tout de suite une idée du nombre supérieur de mâles derrière le grand mur, prêts à bondir sur les fraîches partenaires. On se lance, on entre, 1er hangar, musique à fond. Malgré la pénombre, on feint d'ignorer les regards pesants d'étonnement de la foule qui rencontre rarement des étrangères dans le coin (on a beau faire, le physique n'aide pas à l'intégration...), on passe dans le second hangar, 2000 personnes minimum. Tout au fond sur l'immense scène et sous les projecteurs, un groupe de musiciens fait suer le couple de danseurs modèles dont les images sont retranscrites sur écrans géants, à l'intention de ceux qui ne suivraient pas bien les pas qui se succèdent à un rythme effréné.
Un prédateur s'approche pour m'inviter à danser, il est petit et transpirant, je refuse. Il insiste, je lui dit que je ne sais pas danser. Il insiste, j'accepte à ses risques et périls. Il fait noir, personne ne devrait trop me remarquer. Il me complimente pour me faire plaisir et profite du fait que les musiciens ne s'arrêtent pas entre 2 morceaux pour continuer sur un 3ème. Je capitule. Trop sportif. 

Je ne rappelerai pas ma seconde tentative de Forro, déjà évoquée dans l'article sur Jericoacoara. Je ne l'ai plus jamais dansé depuis...

 


Les écoles de samba sont également le siège de soirées dansantes en fin de semaine. Pour pouvoir accéder à ce type de festivités, il faut se munir d'un autochtone (merci Raphaël !) qui saura vous faire oublier que l'on se trouve dans un quartier particulièrement malfamé à coup de caipirinhas à 2 RS le demi-litre. Les rues grouillent, les voitures forcent et sur la scène montée en plein air, les musiciens se suivent et font danser le pagode, une danse dont je n'ai toujours pas compris si elle était affiliée à la samba ou non. 



Aurélie, téméraire, s'essaye au pagode et à la caipi en même temps!

 
























A Rio, il y a Magali et Antonio avec qui on n'échappe pas à la danse. Le problème c'est qu'ils aiment ça... Toutes les soirées se passent en musique dans le chaud quartier de Lapa, où des groupes chantent chaque soir dans les dizaines de cafés proches des arcades du "bonde" (le petit tram). L'avantage à Rio, c'est que l'on peut danser tout seul et si Tonhio vous entraîne sans sans vous demander votre avis, les non-pas passent à peu près inaperçus dans ces lieux surpeuplés. L'ambiance est excellente, joyeuse, les chanteurs amateurs et professionnels se prêtent spontanément le micro. Incroyable de constater à quel point tous les brésiliens connaissent toutes les chansons.
La musique sort par les fenêtres et envahit la rue où d'autres couples dansent sans avoir à payer d'entrée, où les bières et les mélanges étranges des marchands ambulants sont moins chers, où la police montée surveille la foule une clope au bec.

La samba reste quand-même pour moi un grand mystère : autant de rythmes que de manières de la danser, et bien que proches, des pas différents entre Manaus, Rio ou le NordEste... 

Ce que je retiens de la musique? un sujet éternel : l'amour, une facilité déroutante à parler de sexe et une rapidité inattendue dans l'apprentissage de la linguistique sentimentale.
 


Il n'y a pas que la Samba dans la vie : DJ Zod au café Espirito Santa dans le quartier de Santa Teresa à Rio.

Passé la frontière argentine, la Samba disparaît aussitôt, la couleur s'efface au profit du noir des costumes et des grandes robes fendues, le bandonéon se met à pleurer et le tango se réveille dans un déchirement racé. Quelle classe! A Puerto-Iguaçu, José aura bien tenté cent fois de me faire lever pour m'enseigner quelques pas de base, mais mon honneur, ravigoré par la fierté argentine, m'a poussée à ne pas me rendre ridicule en plein jour face à un public averti. J'imaginais assez mal poser ma tête sans chignon sur son épaule et remonter doucement mon pied droit le long de ma jambe gauche en tongs et short sans passer pour une touriste dont j'avais déjà tous les attributs même assise. Mais cette danse mélancolique et noble m'a glacé le sang et peut-être que si je trouvais un cours en Europe...


Le cadeau de Patricia pour ma despedida ? une paire de talons aiguilles...


Par celle in Brazil - Publié dans : être brésilien(ne)
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