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Jeudi 10 janvier 2008

Voilà, ça y est, je (re)pars! Non pas à la renverse, mais dans cette nuit avec Magali qui est arrivée à Manaus depuis mardi, pour une durée cette fois plus longue. Hamac, chaussures de rando, tongs et maillot de bain dans mon sac à dos, carnet de croquis et appareil photo sous le bras.

periple.jpg Voici une carte qui vous permettra de suivre mon périple (en rose, les trajets en avion, en bleu le bateau et en vert, les parcours en bus) : départ donc à 4h du matin cette nuit pour Santarem, à l'Est de Manaus sur le bord de l'Amazone, pour rejoindre le village d'Alter-do-Chao à quelques kilomètres de là, un petit havre de paix, des îles et des plages de sable blanc paraît-il...

De Santarem, nous rejoindrons ensuite Bélem en bateau (durée : 2jours1/2 et 2 nuits en hamac) qui se trouve à l'embouchure du fleuve et à quelques kilomètres de la cote atlantique. Découverte des villes, des paysages, des us et coutumes et encore des plages, ah ah, de la cote en descendant peu à peu (en cars de nuit) vers le Sud : Sao Luis, Fortaleza, Natal, Joao Pessoa, Recife, Maceio, Aracaju et Salvador selon l'envie.

Départ de Salvador de Bahia le 1er février pour Rio (en avion) pour le carnaval qui aura lieu du 1er au 6.

Relais à Rio où me rejoindra Céline (une autre, parce que 2 Céline qui voyagent ensemble, c'est drôle) qui aura atterri à Buenos-Aires le 29 janvier. Les Céline repartiront de Rio en y laissant Magali avant le 10 (c'est écrit sur mon passeport) pour l'Argentine, en commençant peut-être par la ville modèle-écologique de Curitiba (encore au Brésil, à l'ouest de Rio) puis les immenses chutes d'Iguaçu, à la frontière entre le Brésil, l'Argentine et le Paraguay.

Promenade prévue dans la partie Nord de l'Argentine -à organiser sur place- et retour à Manaus depuis Buenos-Aires le 26 février. Voilà...

Forcément, je risque de ne pas pouvoir écrire d'article d'ici là mais je promets de rapporter tout un tas de croquis et de nouveaux articles, dont certains sont en cours mais demandent à être affinés : notamment sur la musique, la danse et les croyances mais j'ai aussi en tête d'autres thèmes plus croustillants pour les fans à propos notamment de travestissement, d' « amor »... et d'esthétique dépilatoire bien sûr!

Patience, patience, je penserai bien à vous et promis Miguel, je t'enverrai une carte dans les moments difficiles, comme tu me l'as demandé, pour que tu ouvres une bouteille de champagne à ma santé !

Beijos e até mais...

Par celle in Brazil - Publié dans : interlude
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Jeudi 10 janvier 2008

bateau-boca-rio-Cuieras.jpg Nous voilà revenus de notre séjour-balade en bateau de 5 jours sur le Rio Negro et l'un de ses affluents en amont de Manaus, le Rio Cuieras. demo23.jpg

Pour situer ce dont je parle ensuite : cette vue aérienne présente Manaus (tâche rose) sur la rive gauche (Nord) du rio Negro, la confluence (à droite) avec le rio Solimoes (en bleu), une portion du rio Negro que nous avons parcourue, ses affluents et une partie de l'archipel d'Anavilhanas (en haut à gauche). On ne voit malheureusement pas la petite ville de Novo Airao, encore plus en amont.

Présentation de la maison flottante :
le-bateau.JPG vue d'ensemble du bateau avec ses grandes bâches bleues, à fermer de préférence la nuit (sauf en cas d'horrible sensation d'asphyxie par le moteur du générateur de lumière) et dès qu'une pluie arrive, souvent précipitamment (sauf départ prématuré en canot, auquel cas on se réjouit de n'avoir aucune autre solution que de bénéficier d'une bonne douche à durée indéterminée...)

bateau-rez-chaussee.jpg cuisine.JPG




au rez-de-chaussée, la cabine de pilotage et la salle à manger sur l'avant,
la petite cuisine ultra ventilée sur l'arrière

1er-etage.jpg




au 1er, la chambre et la terrasse panoramique






Les accompagnants : monsieur qui pilote, madame qui cuisine, leur fils qui aide au pilotage et adore passer la serpillière et notre guide à qui nous avons attribué le petit nom de « Chouchou »...
Nous, nous sommes 5 + Gabriel, le petit frère de Patricia (ma professeur de portugais), sur-excité parce qu'il sort pour la 1ère fois de Manaus.

encontras-aguas.JPG Pour commencer, nous avons été observer « a incontras das aguas" (la rencontre des eaux) à 10Km en aval de Manaus : il s'agit de la confluence des eaux noires et acides du Rio Negro (22 degrés, 2Km/h) et des eaux limoneuses du Rio Solimoes (28 degrés, 5Km/h). Leurs caractéristiques propres sont tellement différentes qu'elles n'arrivent pas à se mélanger pendant plus de 6 Km, ce qui donne cette « frontière » vanille et chocolat assez spectaculaire, que l'on voit très nettement sur la vue aérienne.
Puis retour en arrière et remontée du Rio Negro en amont de Manaus.



Le rythme :
lever pour le petit-déjeuner vers 7h00 / la nuit venue
repérage de l'arbre idéal au tronc bien dégagé sur la berge d'un affluent tranquille pour amarrer le bateau et coucher après le dîner vers 20h30 (ben oui, il fait déjà nuit depuis plus de 2h et ces journées sont tellement harassantes...), les ondes balançant les hamacs (ou les bousculant si on se trouve par erreur à proximité immédiate d'une autoroute à bateaux), l'oreille aiguisée par les cris des oiseaux, les hénissements des grenouilles et le passage furtif des animaux qui se réveillent à l'heure où l'on s'endort pour rester bien cachés le jour, les malins.
Entre les 2, ça varie : douches en cabine ou bain dans la rivière à toutes heures, déjeuner normalement à 12h30 pouvant subir un léger décalage de 3h si Chouchou se trompe dans ses calculs de distance... et bien sûr, des sorties.

bateau-petit-paradis.jpg Au programme :

grimper-a--ai.JPG * promenades dans cette forêt immense, spectaculaire et sans repère aucun (Chouchou nous a appris à grimper à un palmier et à ne pas mourir de soif grâce à une liane incroyablement aqueuse, mais pas à rester calme sous des nuées de moustiques ni à retenir nos hurlements quand les fourmis pinceuses s'accrochent à tout prix à nos jambes...),

heveas.JPG * visite du musée du caoutchouc avec un ancien « seringueiro » (c'est toujours bon de se faire rappeler que l'homme est doté d'une capacité créative frôlant la perfection quand il s'agit d'imaginer une forme d'esclavagisme),

chez-Lopez.JPG
* arrêts dans de petits "villages" aux maisons en bois, flottantes ou sur pilotis avec de grands escaliers pour s'adapter aux niveaux des eaux : sur la photo, c'est le magasin "chez Lopez" repérable de nuit grâce à une grande guirlande lumineuse donnant au site un petit côté surréaliste, pris depuis le bateau qui était accroché à l'esplanade d'un bar-restaurant flottant avec toilettes suspendues au-dessus de l'eau...

canot.JPG

* balades en canot, notamment jusqu'à de petites cascades en empruntant le rio Cuieras (après 2h15 de parcours sous la pluie contre ½h annoncée, nous constatons que Chouchou s'est encore trompé : ce ne sont pas celles-là que Sylvain voulait nous montrer...) et dans un igarapé (suite à 2 départs en sens exactement opposé, Chouchou qui commençait à perdre sérieusement la boule a dû se faire seconder par le fils du bateau...), bateau-igapo.jpg

* passage prudent au milieu de « l'igapo » : cette partie de forêt noyée progressivement par la montée des eaux -qui atteint quand-même 14m à Manaus- laisse apparaître les squelettes des arbres morts servant de perchoir aux hérons et permet aux poissons de déguster les fruits des palmiers dont ils peuvent enfin atteindre la ramure,

* traversée de l'archipel d'Anavilhanas constitué de 400 îles sur 90Km de long (voir vue aérienne),

bateau-objets-bois.jpg * promenade dans la petite ville de Novo Airao : visite de la Fondation Almerinda Malaquias où l'on fabrique de très beaux objets à partir de bois tropicaux ramassés en forêt et rencontre des petits dauphins roses amazoniens, apprivoisés par une jeune amazonienne devenue célèbre

bateau-dormir.jpg


* mais aussi sieste (Chouchou nous a presque inquiété sur le retour lorsqu'il a dormi plus de 3h sur la caisse du moteur), dessiner.JPG dessin, bateau-contemplation.jpg contemplation  des paysages qui défilent, de cette immensité verte, des berges inaccessibles brunes ou rouges, ponctuées ça et là de cahutes en bois sur pilotis interloquant Gabriel qui se demande bien comment les gens qui habitent là vont faire leurs courses tous les jours...
Note : toute ressemblance avec des personnes connues serait totalement inespéré

Par celle in Brazil - Publié dans : l'Amazonie
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Mardi 1 janvier 2008

Malocas-orchidee.jpg 26 décembre, les amis de Syl20 sont arrivés hier de Montpellier.
Ce matin, les bagages sont limités pour ne pas surcharger le bateau : un petit sac par personne contenant au moins une bonne paire de chaussures, un pantalon et du produit anti-moustiques, même si le fleuve que l'on va emprunter draine un eau dite « noire », acide, qui a plutôt tendance à les repousser.
vue-du-lodge.JPG
Une heure de voiture pour se rendre dans la ville de Rio Preto do Eva ("fleuve noir d'Eve"...), au Nord-Est de Manaus, où nous attend la petite embarcation qui s'enfonce durant plus d'une heure et demie dans la forêt.

En cette saison des pluies, les eaux ont commencé à immerger les troncs des arbres, rendant plus facile la navigation mais créant également un enchevêtrement de chemins d'eau que le conducteur seul sait distinguer. On aimerait voir par son oeil et comprendre ces repères pour nous indéchiffrables qui lui dictent quel bras emprunter, où ralentir lorsque la profondeur est moindre et certainement un tas d'autres choses
Paysage incroyable, on arrête spontanément les commentaires.
Regarder, se remplir les yeux de ce qu'ils n'ont encore jamais vu.
Demi-tour pour admirer un paresseux suspendu au-dessus du fleuve qui ne prend même pas la peine de bouger. Malocas.jpg La barque accoste enfin au pied du lodge de Malocas, les oreilles bourdonnent encore mais on s'étonne déjà du silence absolu qui règne ici. Quelques cabanes en bois sur du sable blanc, le bruissement des feuilles dans la brise, des chants d'oiseaux par centaine. perruches.JPG

 

Trois repas pour rythmer des journées dictées par le soleil, un poisson différent chaque fois, les bougies qui s'allument avant la tombée de la nuit à 6h, au moment où les animaux se réveillent. eclairage-exterieur.jpg
L'absence d'électricité rapproche et favorise la discussion : regroupement dans la cabane centrale autour d'une ou deux caïpirinha en attendant le dîner aux chandelles.
mon-hamac.JPG Se laisser ensuite bercer dans son hamac par les ploufs des poissons acrobatiques, les cris des bêtes de la forêt dont on n'arrive pas à imaginer le portrait, le passage à proximité trop immédiate d'animaux téméraires qui tendent les muscles et affûtent les sens, et l'espoir sincère de ne pas constituer le repas d'une once...


brume-matinale.JPG


Le jour, promenades en forêt avec Germano, notre guide "natif" au point qu'il s'y enfonce en short et tongs. Il nous présente p
resque chaque arbre et chacune de leurs propriétés et, d'un morceau de bois ou d'une feuille, fait naître une toupie, une couronne, un panier, un anneau, un serpent articulé ou une flûte de pan. Malocas-Germano.jpg












Malocas-almo--o-na-mata.jpg
J'ai particulièrement aimé son service d'assiettes 100% végétales, pièces uniques faites de pliages de feuilles multicolores tenues par une épine. cachoeira-Tucumao-copie-1.JPG Découverte de 2 cascades, seuls puits de lumière au coeur de cette densité verte. Dégustation de fourmies rousses à grosse tête pour les plus gourmets. fourmies.JPG
Une pluie par jour, douche tiède agréable quand elle a lieu en forêt, beaucoup moins drôle quand on doit ramer plus vite et écoper le fond de la pirogue.

notre-cabane.JPG Et pour ravaler un fou rire, rien de tel qu'une petite tentative de rencontre nocturne des crocodiles sous le feu de la lampe torche, les fesses se placent toutes seules bien au centre de la barque, pas une main ne traîne, le silence absolu et le guide qui en rajoute en éteignant sa lampe pour avancer, ça calme... sauf quand Bruno, en manque soudain, attrape une nicorette et que le bruit de métal froissé résonne dans l'immensité au moment même où Germano braquait sa lumière sur les 2 globes dorés d'un petit qui, alerté par ce son étrange, replonge aussitôt...

ananas.JPG Demain, je repars pour 5 jours en bateau en amont de Manaus sur le Rio Negro puis l'un de ses affluents, le Rio Cuieras... je vous raconterai, bien sûr!

Au fait... FELIZ ANO NOVO PARA TODOS VOCES !!!
 
Par celle in Brazil - Publié dans : l'Amazonie
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Dimanche 23 décembre 2007

aq-chat-copie-1.JPG boules-de-chat.jpg "My name is Beiju, Beiju 001, le 1er gato de Syl20.
Pour les francophones, prononcer « beïjou ». Mon maître m'a donné le nom indien d'une crêpe de manioc parce que j'en ai la couleur et en souvenir de sa thèse.
Mais les brésiliens croient souvent que je m'appelle « beijo » qui signifie le baiser. J'aime pas cette confusion beaucoup trop cucu. Moi qui suis polyglotte, je préfère la consonance française de bijou, parce que j'en suis un, mon maître me le répète tous les jours. Il dit que je suis le chat le plus beau, le plus distingué, le plus éveillé, le plus intelligent et le plus aimable du monde. Ce qui est vrai. Mon pelage magnifique est typiquement amazonien et vous ne trouverez jamais de chat de ce type en Europe. Au cas où vous n'auriez pas compris, je suis un mâle.

 

Dans mon appartement c'est moi qui décide de tout. Mon maître a tout d'abord choisi la couleur du carrelage de façon à mettre en valeur mon pelage. Tout l'aménagement de l'appartement est décidé selon mes voeux : ainsi, j'ai fait installer une échelle pour dominer la situation lorsqu'il se passe quelque chose dans la cuisine, un grand pouf confortable pour mes siestes, un trou dans la fenêtre pour prendre l'air sur la terrasse, de l'herbe à chat pour mes petits creux, etc.

sortie-igarape.JPG Grâce à moi, il n'y a aucune plante dans l'appartement, parce que dès que j'en vois une, je lui saute dessus pour lui arracher ses feuilles. Malgré cette idiote barrière m'empêchant l'accès au large rebord de la fenêtre où la cousine s'escrime à en faire pousser, j'arrive souvent à les atteindre pour les mastiquer. Un jour je réussirai à les éliminer toutes, je suis un chat de salon et je n'aime pas la verdure, c'est vulgaire.
Et ne vous avisez pas de m'emmener dehors pour soit disant me faire prendre l'air, me faire gratter la terre et manger de mauvaises herbes afin que je ne le fasse plus dans l'appartement, j'ai horreur de ça et je ne poserai pas une seule patte sur ce sol dégoûtant de tout l'après-midi!

 
C'est moi qui organise également le déroulement des journées. Le matin, je me lève très tôt avec le soleil et heureusement que je suis là pour réveiller mon maître et sa cousine qui n'arrivent jamais à se lever avant 6h, incroyable. Pour commencer, je joue avec ma balle magique remplie de riz qui fait un super bruit. « Hummmmmm, sale chat », ça réagit du côté de la cousine. Mais personne ne bouge. Alors je me positionne bien en dessous de l'un des 2 hamacs et hop, d'un bond je m'accroche en dessous, je suis trop fort... « t'es con ou quoi? tu me plantes tes griffes dans le dos!!! » crie la cousine. « Bonjour, mon petit beiju » dit mon maître. Puis je grimpe jusqu'au crochet, je virevolte et je me retrouve dans le hamac. Parfois je saute directement dedans, effet de surprise garanti. Un jour, bizarre, j'ai à peine eu le temps d'atterrir sur la cousine que je rebondissais sur le mur... va falloir que je retravaille cette figure.
Quand enfin, ils finissent par se lever, je vais me recoucher parce que vraiment, ils me fatiguent ces 2 là.

aq-tete-chat.JPG Je ne me réveille que lorsque j'entends du bruit dans la cuisine. Mon maître me donne ma part du repas pour que je développe mon sens du goût, en plus de mes croquettes « spéciales chat d'appartement » plus chères que leur filet mignon. Je n'ai pas le droit de monter sur la table mais je le fais quand-même et mon maître frappe dans ses mains pour que j'en parte. Mais il ne me tapera ou ne me grondera jamais, surtout depuis qu'il a appris l'histoire du chat de Jordi, le barcelonnais qui a passé quelques jours ici : un jour il a engueulé son chat qui faisait pipi dans le canapé et il l'a vu passer du côté obscur. Son chat est devenu tellement méchant qu'il a dû l'enfermer dans sa salle de bain puis le faire mettre dans une cage. Alors je suis tranquille...

Mon maître rentre plus tôt du travail depuis que je suis là. Le soir, pour compenser son absence de la journée que j'ai passée à dormir, il me parle et prend des postures incroyables alors je joue avec lui parce que je vois bien qu'il a eu une journée difficile et que c'est vital pour lui. D'ailleurs, il sait que la présence d'un chat dans une maison calme les êtres humains, alors j'essaie de lui faire profiter au maximum de ma présence en occupant sa chaise ou en m'installant sur son ordinateur quand il travaille.

chat-saoul.JPG Le soir, mon maître me demande si j'ai envie de sortir. Si je suis d'accord, il me met un beau collier et me prend dans ses bras. Comme je déteste l'ascenseur, je lui demande de descendre à pied les 14 étages. Dans la rue, il fait de nombreuses pauses pour que je m'habitue à l'ambiance. Dehors, je suis une véritable star. Tout le monde m'admire parce que je suis porté par mon maître. Ce n'est pas comme tous ces sales chats qui traînent partout, à qui je n'adresse même pas la parole. En terrasse, ma chaise est réservée et les gens s'arrêtent pour m'admirer et me caresser si je leur permets. Mon maître est très fier, alors il me donne de la bière fraîche car j'adore ça.

planche-beiju.jpg Voici quelques photos de moi qui vous donneront une idée de mes nombreuses activités : moi sur mon pouf, moi sur mon escabeau, moi étudiant l'état de l'Amazonas, moi dormant dans mon hamac, moi regardant des photos de moi bébé sur l'ordinateur (qu'est ce que je suis mignon), moi sur le bureau, moi jouant à cache-cache dans la cuisine, moi empêchant mon maître d'enfiler ces atroces chaussures, moi me faisant faire la manucure, moi regardant la télévision que mon maître m'a achetée pour me divertir, moi...

 

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHH........................................."

Black-out

 

C'est bon, tu l'as ? Ouf, j'en pouvais vraiment plus !!! 

tete-de-chat-mort.JPG Alors le chat, on rigole moins maintenant ?

Qu'est-ce qu'on en fait ? un churrasco de gato pour Noël, tiens!!!


saut-de-chat.jpg

 

Par celle in Brazil - Publié dans : Manaus
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Vendredi 21 décembre 2007
Vraiment, il suffit de semer les graines du fruit à peine dégusté pour voir apparaître une petite pousse quelques jours plus tard, c'est magique.

Présentation de ma « pépinière » suspendue au 14ème : papaye, cajou, fruit de la passion, avocats et citron vert (pour l'instant je n'en ai trouvé qu'un seul avec des pépins...). undefined Derrière, ce sont des plantes exotiques en France, comme le bougainvillier, que l'on trouve un peu partout ici dès qu'un espace de terre libre le permet.

Le tout, c'est d'arroser ensuite suffisamment, c'est à dire au moins 2 fois par jour, à cause de la chaleur qui achève une plante dès que j'ai le dos tourné. Mais comme nous sommes maintenant en hiver (si si, la température a bien dû baisser d'1 degré), avec un peu de chance, la pluie chaude -le torrent devrais-je dire- qui tombe une fois tous les 3 jours, s'en charge. Au risque de retapisser entièrement les vitres de terre.

undefined Les vendeurs de plantes manauara étant passés maîtres dans l'art du recyclage (avec un net penchant pour les boites de lait), ça donne des idées : les pots de yaourt, de peinture, les boites d'oeuf et autres bouteilles plastiques retaillées font l'affaire.
Et quand la plante est jugée suffisamment intéressante pour un droit d'asile en pot en terre, il suffit de descendre en acheter dans la boutique du potier ou au marché artisanal du dimanche matin. Ils sont irréguliers, c'est plus joli, et leur prix empêche toute hésitation (de 2 à 10RS pour les plus grands, 0,80 à 4€).

Le seul problème est que l'appartement restera inoccupé entre Noël et le 7 janvier pour cause d'expédition en forêt. y aurait-il un volontaire pour l'arrosage ?

Note : si le climat favorise la croissance des plantes, sachez que l'être humain, lui, en est plutôt pour son grade. Si un scientifique en herbe pouvait m'éclairer à ce sujet, je lui serais des plus reconnaissante : pourquoi, en effet, les ongles poussent-ils aussi plus vite ? pourquoi Syl20 dit devoir s'épiler les narines bien plus souvent ? Serait-ce là le début d'une explication relative à certaines coutumes participant à la réputation du Brésil en France, je parle bien sûr de l'épilation ?!
En attendant vos réponse, je pars enquêter sur le terrain...

Par celle in Brazil - Publié dans : SRP (strictement réservé aux paysagistes)
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Lundi 17 décembre 2007
Un lecteur-commentateur attentif m'a fait part de ses doutes à propos du serpent qui se trouvait dans les eaux du Rio Negro.
Une discussion avec des personnes plus calées sur la faune a confirmé que le serpent ne se reposait pas comme ça avait été dit sur le bateau, mais qu'on l'avait dérangé en pleine préparation de repas, car il était en train d'étouffer une proie (beaucoup moins zen le serpent tout à coup...).
Le lecteur-commentateur m'a envoyé un dossier bien documenté, dans lequel j'ai reconnu parmi tant d'espèces toutes plus belles et inventives les unes que les autres, mon anaconda, que je vous présente en photo :

snake.jpg coucou !
 

Je retiens de cette lecture passionnante que :

- l'anaconda cumule les qualités de second serpent le plus grand du monde (Anaconda géant, celui de l'Amazonie...) et du serpent le plus gros par son poids
- il peut avaler des biches quand sa lui prend ou des enfants selon son appétit
- particulièrement à l'aise dans l'eau, il étouffe ses proies en s'enroulant autour d'elles et un homme de 70kg mesurant 1m70 n'a aucune chance de lui résister
- posté en haut d'un arbre ou d'un rocher, il préfère le saut à l'élastique pour les en cas qui ont le malheur de passer en-dessous (voilà une réponse au commentaire de K-rol à propos de l'article sur le hamac...)
- et pour finir, il adore le climat amazonien...
 

Tout cela tombe très bien à l'approche de notre sortie en forêt prévue juste après Noël puis de notre remontée du Rio Negro en bateau, moi qui regrettais de ne plus avoir de batterie dans mon appareil photo pour vous le montrer! Il ne manquerait plus que je faiblisse au moment où l'on me prend pour Lara Croft...

 

Merci Seb !

Par celle in Brazil - Publié dans : l'Amazonie
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Vendredi 14 décembre 2007
Une des 1ères choses qui m'a étonnée en arrivant ici, ce sont les restaurants au kilo.
Le principe est simple : prendre une assiette, se diriger vers le buffet constitué d'une multitude de plats différents, remplir son assiette avec raison et justesse, faire peser, en échange de quoi on obtient un ticket affichant le prix correspondant, sur lequel les nombreuses lignes vides suggèrent de se resservir autant de fois qu'on le souhaite. Les prix, le choix – et la qualité- peuvent varier énormément, mais on s'en tire généralement pour vraiment pas cher. Il en existe dans tout le Brésil et ils cumulent les avantages de permettre de goûter un peu à tout ce qui existe dans chaque région et de pouvoir prendre exactement la quantité que la faim nous dicte. Sauf qu'on a légèrement tendance à avoir les yeux plus gros que le ventre et à ne laisser aucun vide dans l'immense assiette blanche. Disons qu'à force on maîtrise un peu mieux... Le plus dur, c'est de résister aux desserts qui vous narguent de loin avec leur brillant et leurs couleurs chatoyantes, alors qu'on sait pertinemment qu'on n'a plus faim et que c'est justement parce qu'ils sont magnifiques que vous aurez du mal à vous relever pour partir.
resto-kilo.jpg Un exemple en image : une belle assiette catégorie diététique largement compensée par celle des desserts dont chaque mini portion comporte au moins 10 fois les calories du plat...

Une manière de manger encore moins cher -quand on a passé au moins 45 jours dans le pays, le temps que son petit ventre ait repris l'habitude de créer des anticorps que la législation européenne lui avait fait oublier- c'est de manger dans la rue. pipocas.jpg
Ensuite, c'est une question de choix : soit vous optez pour l'éthiquement correct, la salubrité de votre corps et le maintien de la production locale en picorant parmi les multiples fruits, graines et légumes que l'on décortique et cuit rien que pour vous, soit vous décidez d'adopter la fesse nationale tout en finançant la déforestation (j'ai osé le sujet qui fâche ?!) en préférant les pastels (beignets au fromage ou à la viande), les churrasco de gato, les gâteaux maison que des habitants vendent sur une petite table pliante comme à la kermesse du village, les sodas, glaces et pop-corn promenés dans leurs petits chariots de plage et les centaines de bonbons bien rangés dans leurs petites cases en bois...

"Churrasco de gato", c'est quoi? c'est le 1er mot que j'ai appris ici, gato étant le chat et churrasco une sorte de grillade au barbecue. Il y a en effet des grillades de chats plein les rues dès que le soir tombe parce qu'ils envahissent les villes et qu'il faut bien rentabiliser leur élimination... Non, c'était pour rire (quoique?). De gato, c'est justement pour signifier que c'est dans la rue (et qu'on ne sait pas exactement ce qu'on mange, on y revient...). Vous pouvez ainsi déguster pour 2Réal la brochette, du boeuf ou des coeurs de poulet parfumés au gaz carbonique debout au milieu des voitures, huumm!

 

En parlant de poulet, on m'a d'ailleurs vivement recommandé de goûter aux poussins, paraît-il fameux, en s'étonnant que la France n'ait pas encore pensé à en cuisiner. J'y pense.

 

Question viande, l'apothéose c'est la churrascaria, le resto où l'on va tel un romain à l'orgie, en regrettant juste qu'il n'y ait pas des plumes à la place des cure-dents : une véritable valse de viandes de toutes sortes enfilées sur d'immenses piques à brochette que des dizaines de serveurs pointent dans votre assiette au rythme de 10 au quart d'heure... Pour les végétarien, il y a 3 feuilles de salade et des bananes frites qui se battent en duel sur la table...
Vous l'aurez compris, l'abondance (je n'ai pas dit l'équilibre...) est de règle au Brésil et ça favorise les économies quand on a saisi qu'un plat valait pour 3 personnes, le tout étant de se mettre d'accord sur le plat en question.

 

A Manaus, grâce au Rio Negro, les étals des marchés regorgent de poissons d'eau douce : goût inconnu pour nos papilles habituées aux poissons de mer, totalement délicieux et répondant aux jolis noms de tucunaré (cru mariné, un régal à 12réal chez le péruvien), pirarucu, tambaqui, jaraqui, pacù, bodo ou piranha (eh oui, c'est même l'un des meilleurs!). Mais ne comptez pas en trouver chez votre poissonnier, ces poissons aux jolies couleurs qui ne mesurent jamais moins de 50cm sont inexportables, même jusqu'à Sao Paulo !
Ce qui ne veut pas dire que les manuara ne mangent que ça, c'est un plat plus cher et la viande accompagnée de riz, haricots noirs et farine de manioc reste le plat national.

A Rio, on trouve du poisson et des fruits
de mer, logique.
Là, le beau moustachu montre une pieuvre,
un des mets les plus chers. C'est dans la halle
de Niteroi (ville en face de Rio) où l'on peut
faire cuisiner par l'un des nombreux restos
le poisson acheté tout frais au marché.
Et puis sur la plage, des vendeurs viennent
même vous proposer une douzaine d'huîtres
obèses dans un plateau d'argent.
 

Côté végétaux, le grand gagnant des régions Nord du Brésil, c'est le manioc, même si c'est un aliment pas franchement tendance du fait qu'il rappelle les indiens. Eh oui, pas facile d'être indien à Manaus, ça fait un peu plouc parce que ça rappelle à chacun ses origines simples et proches de la terre, or il faut savoir aller de l'avant et consommer comme le monde entier, c'est plus moderne. Et pourtant...
Halte à la déviation, je reviens au manioc. On trouve :
* la tapioca, une fécule qui sert à faire des beijus (nom indien) ou tapioquinha, sorte de petite crêpe blanche épaisse qui se mange au petit-déjeuner avec du fromage et du tucumào (le fruit d'un palmier)
* la même tapioca peut être soufflée comme du pop-corn pour accompagner les glaces, crèmes, etc.
* la farofa, sorte de semoule à faire revenir avec du beurre et des herbes à la poèle, j'adore!
* le tucupi, jus du manioc cuit jusqu'à obtenir la couleur et la consistance du miel de canne et qui est mortel s'il n'est pas bien cuit...
* et tout ce que syl20 aurait à rajouter vu qu'il en a fait sa thèse mais je ne vais pas non plus publier un article de 400 pages...
legumes-bis.jpg

En seconde position, le palmier.
On en mange différentes espèces sous plusieurs formes. Il y a le cocotier, l'açai et le tucumào, dont on fait des jus et des glaces.
- Dans tout le pays, le lait de coco se boit dans la rue, dans sa grosse carapace verte juste percée pour passer une paille, super rafraîchissant.
- Le tucumào, à la chair orange, est très apprécié au petit-déjeuner dans les beiju et nature dans la rue.
- L'açai s'avale pour certains au kilo en crème quasi gelée. On se jette dessus parce que c'est couleur chocolat noir et on n'en redemande plus après. C'est comme avec le tucumào, je n'arrive pas encore franchement à m'y faire, question d'éducation du goût...?
Autre fruit d'un palmier, la pupunha, 2Réal le sachet de 10 fruits cuits pendant des heures, encore un peu farineux mais pas mal. Le bacaba, dont la graine ressemble à l'açai et l'araça-boi, un fruit jaune délicieux qu'il ne faut pas rater la saison venue parce qu'il ne se conserve pas.

Pour faire ses courses, on a le choix entre les supermarchés, les vendeurs de rue et les marchés et foires. Les supermarchés vous accueillent avec une odeur des plus inquiétante (viande en état de putréfaction...?), le Chanel n°5 du lot étant Carrefour, que je cite délibérément pour sa grande logique commerciale : si en France, il crie sur les toits sa conscience écolo avec la campagne anti-sacs plastiques, au Brésil il s'adapte parfaitement aux coutumes locales qui veulent qu'un sac -trop fin- soit systématiquement doublé pour mieux tenir et contienne au maximum 2 aliments (à noter que la multiplication des petits métiers fait que ce n'est pas vous qui emballez vos provisions et que si vous vous permettez de concentrer les aliments dans un seul sac, on vous regarde comme si vous étiez Mickaël Jackson en personne). Par ailleurs, si vous décidez de vous lever à l'aube pour être là à l'ouverture du magasin et éviter de passer 3 heures dans la file, vous pourrez découvrir des aliments étranges tel « le chocolat en plaque mou » qui aura retrouvé toute sa fermeté après quelques heures de fonctionnement de clim (c'est rien, elle est juste éteinte chaque nuit...).
Ne vous aventurez pas non plus à jeter un oeil sur les emballages pour connaître les ingrédients, vous pourriez décider sur le coup de commencer une grève de la faim : acide citrique, citrate de sodium, xantane, stabilisant, phosphate, acide ascorbique font partie du moindre produit, du plus simple (le sel qui ne sale pas, le sucre, le beurre...) à celui estampillé « naturel » en lettres grasses.

 

porteur-pasteques.JPG Bref, les belles couleurs des marchés sont autrement plus fréquentables et sympathiques, on marchande, on goûte aux farines, on mange sur place, ça sent la friture et le poisson et c'est pas plus hygiénique mais ça paraît plus normal.
Super ou pas, prenez en rentrant chez vous le temps de trier : pour ôter par exemple tous les vers de la farine pourtant scellée sous plastique ou les charançons des haricots. Et puis mettez un maximum de choses au frigo, parce qu'avec la chaleur tout moisit ou devient le refuge d'une petite bête au bout de quelques jours... sympathique non ? tout de suite, on envie moins le fait que je sois en maillot de bain pour écrire cet article ?!

 

Autre chose, n'essayez pas de retrouver vos saveurs habituelles, c'est fichu d'avance. Si les coeurs de palmiers, les mangues, les papayes et caramboles qui valent une fortune dans votre Monoprix ne coûtent rien ici, une courgette verte peut valoir 20Réal pièce (8€), les tomates avoir un goût farineux qu'on ne leur imaginerait même pas en venant de leader-price et se mettre à croire que les carottes se font elles aussi siliconer... assiette-maison.jpg

 

 Une recette à la brésilienne pour finir ?! un gâteau par exemple. Attention, c'est compliqué. Vous prenez : du sucre en quantité astronomique, de la crème de lait à doser selon votre convenance, du lait concentré sucré, vous mélangez et vous laisser refroidir au frigo pendant une heure. N'hésitez pas à couvrir d'un nappage de caramel et à décorer de mms... Je sais, c'est pas sympa, mais si un fou-rire remplace un steak, on aura avalé pas mal de protéines certains soirs en lisant à voix haute les recettes d'un vrai livre de cuisine qu'on nous avait prêté, jusqu'à frôler l'étouffement le soir où l'on a appris que pour faire du jus de mangue, il fallait... : du jus de mangue, du sucre, etc...
Bon mais il ne faut surtout pas généraliser !

mangue.jpg Sinon, pour accompagner mon pirarucu-farofa, ce qu'il me manque le plus ici ?
du pain (de Thibault!)
Par celle in Brazil - Publié dans : être brésilien(ne)
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Lundi 10 décembre 2007
Pour passer une journée du style tranquille Emile, à l'aise Blaise qui vous fera détester encore plus l'hiver en France, voire penser « ça va, elle s'embête pas celle-là, non seulement elle ne fout rien mais en plus elle nous nargue», il faut :
Se lever à 6h30 pour être au port à 8h (tout de suite c'est moins drôle pour un samedi... surtout après cette soirée au café-samba « o chao das estrelas » le champ d'étoiles, c'est vrai qu'on en voit pas mal briller là-bas, mais ceci est une autre histoire...).
Charger les vivres pour la journée, le charbon, le barbecue, de l'eau, beaucoup d'eau (ou plutôt, de la bière et des sodas, beaucoup de sodas...), des kilos de glace pilée dans les congélateurs (toujours pas très fun pour l'instant...).

Boire un café sur l'embarcadère (poua, c'est vraiment trop sucré, je ne m'y ferai jamais) et manger une tapiocina, sorte de crèpe au manioc avec fromage et tucumao, le fruit d'un palmier local, en attendant que tout le monde arrive (et repenser qu'on s'est levé tôt pour être à l'heure).
Lever l'ancre et voir s'éloigner la ville en remontant le fleuve noir (Rio negro). Rio-Negro-pilotis.jpg
Se dire
que les favelas avec leurs cabanes de bois colorées fichées sur des pilotis au bord du fleuve ont quelque chose d'autrement plus logique que les immeubles et pavillons qui les remplacent peu à peu.
S'émerveiller de ces bateaux-tours qui ressemblent à des pièces montées.
Pour passer le temps, apprendre à jouer à un jeu de cartes brésilien sous mon grand chapeau de paille à l'étage du bateau.
Prêter l'oreille à la musique de celui qui joue de la guitare au fond de son hamac et aux voix qui l'accompagnent de temps en temps. Rio-Negro-boa.jpg
Faire demi-tour pour titiller un énorme boa enroulé sur lui-même, comme mort, mais qui file subitement en une longue ondulation dès qu'un des passagers le frôle avec un bâton (le boa a trouvé cette astuce pour se reposer dans l'eau car il n'a malheureusement pas de bras pour faire la planche...).
Choisir judicieusement l'une des innombrables plage où accoster ; bien sûr il n'y a pas âme (humaine) à l'horizon mais l'orientation, la dimension, la proximité de la forêt, le grain du sable sont des éléments d'importance... et puis il faut un terrain plat pour les parties de futchebol et le filet du badminton, un lieu abrité pour le barbecue, etc.
Rio-Negro-plage-copie-1.jpg Descendre et aller dessiner pendant que les autres ramassent du bois mort pour allumer le feu. Se baigner mais pas trop loin parce qu'on repense au boa (coucou K-roll!).
Manger sur le bateau en parlant des difficultés respectives des langues françaises et portugaises.
Re-Se baigner.
Se promener sur la plage, passer du sable blanc au sable beige puis rouge. Commencer une récolte de graines et autres éléments insolites glanés ça et là.
Rio-Negro-foret-copie-1.jpg S'enfoncer un peu sous les arbres et découvrir un lac magnifique qui ne fera qu'un avec le fleuve au moment des hautes eaux.
Etre à l'affût des ploufs qui résonnent dans ce grand silence et scruter les ronds dans l'eau pour découvrir d'autres animaux étranges.
Sauter (tranquillement, il ne s'agirait pas de se fouler une cheville) le ruisseau qui lie le lac au fleuve.
Rio-Negro-urubus.jpg








S'imaginer dans le Texas avec Lucky-luke en croisant les urubus, ces vautours des eaux tout noirs et très vilains qui regardent bêtement le fleuve mais qui sont quand-même un peu trop gros pour que je me fiche ouvertement de leur tête.
Exposer ma récolte sur le bateau et plonger dans l'eau presque trop chaude pour se rafraîchir.
Manger le gâteau d'anniversaire super léger super sucré chantilly-cupuaçu en rigolant intérieurement des chansons à voeux brésiliennes. Regarder les feux d'artifices mouillés s'écraser lamentablement sur la plage sous les fausses huées des spectateurs.
Dessiner à l'ombre en regardant les autres s'exposer aux dangers du sport.
Retourner dans l'eau
parce qu'on n'est pas là pour rigoler.
Rio-Negro-descendre.jpg Ramasser les chaises longues et toutes les affaires pour rentrer et aussi les sacs et bouteilles plastiques charriés par le fleuve parce qu'on est des gens biens.
Recommencer la partie de cartes bercée par le grincement des hamacs qui se balancent en coeur.
Sentir la nuit tomber peu à peu et le vent se lever.
Voir les lumières de la ville se rapprocher.
Regarder la lune en se rappelant que le dernier quartier en France est ici le premier.
Atteindre Manaus au bout de 2 heures et accoster quand les feux d'artifices -initiatives personnelles quotidiennes- égayent la ville.
Ne surtout pas oublier de s'enduire la totalité du corps de biafine...
Par celle in Brazil - Publié dans : l'Amazonie
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Lundi 3 décembre 2007
Le hamac est utilisé traditionnellement par les indiens d'Amazonie et même si les habitants de Manaus lui préfèrent de plus en plus le matelas avec cadre en bois digne de ceux des années 70 en France, il est pour moi the révélation, pour vous à envisager...

 

Présentation

Avantages :
- beaucoup plus adapté au climat local, il permet la circulation de l'air au contraire d'un matelas sur lequel on se réveille quasiment collé de la tête aux pieds (quoi, il fait froid en France?)

- dans la forêt, il empêche les insectes et les serpents de nous rendre de petites visites nocturnes (argument infaillible pour K-rol)
- favorise la bonne circulation du sang grâce à la position légèrement inclinée des jambes

- effet de bercement non négligeable
- incroyable mais vrai, mal de dos totalement inconnu au lever
- re incroyable mais vrai, il évite le ronflement, et ça, c'est génial pour les crispées du sommeil comme moi !

- léger, on peut l'emporter partout, pour la sieste de bébé au bord de l'eau entre 2 arbres, pour descendre l'Amazone en bateau (projet du mois de janvier...), pour dormir chez des amis où les murs comportent toujours des crochets à cet effet
- encombrement minimum en appartement : on le plie le matin, on le fixe à l'un de ses deux crochets et la pièce se transforme en bureau (et ça, Ikéa n'y avait même pas encore pensé!)
-
retour de l'être aimé en moins de deux : rapproche d'un coup les couples qui auraient pris la fâcheuse habitude de se tourner le dos en s'endormant...

Des inconvénients ?
- ne protège pas des panthères, des singes et des perroquets dans la forêt, ni des chats en appartement

- n'empêche malheureusement pas les ronflements post-caipirinhas (test réalisé à plusieurs reprises sur un individu sain -ou presque- / résultats identiques avec les bières)
- pas vraiment recommandé pour les petites siestes à deux (pour les ragots-amateurs, non je n'ai pas testé!)... et pourtant, les brésiliens doivent savoir y faire si j'en crois la séquence du film visionné hier soir, non seulement ils ne sont pas tombés mais en plus le hamac ne balançait pas d'un centimètre !

En vente dans toutes les bonnes « casa das redes » de Manaus.

Par celle in Brazil - Publié dans : être brésilien(ne)
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Jeudi 29 novembre 2007
Tar--m--o-copie-1.jpg Dimanche 6h30. La chaleur étouffante nous écrase déjà au fond de nos hamacs dont il est difficile de s'extraire... C'est décidé, on part à la campagne, enfin, hors de Manaus, pour se rafraîchir. On va même aller manger au PëixeBoi ! C'est quoi le Peixe-Boi? un poisson du fleuve, mais là c'est le nom d'un restaurant... flottant. Si si, les « flutuantes », c'est ici une institution.

 

On prend la voiture direction le nord-ouest, la ville se dilate peu à peu et laisse enfin, au bout de ¾ d'heure, la végétation presque libre. On se gare au bout d'un chemin en terre, sur la rive Est du Tarùmào, un igarapé, affluent du Rio Negro. De là, il faut appeler le restaurant (et avant le téléphone portable, on envoyait des signaux de fumées?!) et guetter l'arrivée du petit taxi-bateau qui nous dépose sur la plate-forme du flutuante. Une grande cabane en bois couverte de paille et ouverte de toutes parts, un bar-cuisine au centre, une vingtaine de tables, 2 douches, un carré découpé dans la plate-forme comme piscine et une totale plénitude en admirant le fleuve et ses rives toute vertes. Tranquille si on oublie ces bêtes sauvages qui envahissent peu à peu notre belle terrasse : les propriétaires de gros bateaux qu'ils ne savent pas conduire et qui se servent de la plate-forme pour freiner, ceux qui la frôlent juste pour se faire voir en créant des vagues indigestes, sans parler des chauffards des scooters des mers à jets prétentieux...

Au menu, pastels au fromage (sortes de beignets très gras très bons), pirarucu (poisson du fleuve), manioc, bananes caramélisées et bain digestif dans l'igarapé après s'être assuré auprès de la tenancière de la qualité de l'eau et de ses habitants ; c'est bon, les raies dorment à cette heure. Ouais, sauf que la dame, elle a oublié de nous dire que dans ce fleuve il y a aussi des crocodiles et des cobras, ça c'est ma prof de portugais qui me l'a dit le lendemain en se marrant !

 


poivrier.JPG ...Il est 15h30, alors que je suis en train d'écrire cet article, je sens tout à coup le sol bouger, Sylvain qui travaille juste à côté se retourne, c'est un tremblement de terre... les murs vacillent, les vêtements de la penderie et les rideaux se balancent doucement, petite panique, il faut descendre. 14 étages de marches 4 à 4, dans la rue tous les habitants regardent en l'air, hésitent entre sourire et affolement.
tremblement-copie-1.jpg Syl20 pense à une secousse venant du Pérou ou au "Tremor", un phénomène spécifique à la région (ah oui, et tu ne m'avais rien dit avant donc?!), dû au glissement du bassin sédimentaire de l'Amazonie.
La radio nous annonce ½ heure plus tard qu'il s'agit des répercussions d'un tremblement de terre force 7 en provenance de la Martinique... arrivé ici avec une force 3...

Pour nous, tout va bien, juste une impression continuelle de balancement et je rigole en ressortant de mon sac les affaires que j'y ai fourrées à la va-vite avant de descendre. Réponse à la question que se posent tous les pessimistes en imaginant un feu, une inondation ou une invasion de martiens : « qu'est ce que j'emporterais si j'avais 30 secondes pour déserter mon appartement? », eh bien moi maintenant je sais : mes papiers (sans doute pour prouver que je suis bien un être humain) et... mon carnet de croquis !

Par celle in Brazil - Publié dans : Manaus
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