Une personne que je ne citerai pas m'a demandé dans un mail personnel (histoire de ne pas se griller sur le blog) du ragot, du vrai du beau, à propos des habitudes vestimentaires brésiliennes et toute la vérité sur le port du string. J'hésitais franchement à écrire un tel article, respect, crainte du jugement non fondé, culture différente... mais puisqu'il le faut, je vais me mouiller toute entière jusqu'au cou, vous faire voir ce que je vois avec mon regard d'européenne et assumer totalement les montagnes de généralités et d'exagérations que je vais divulguer sur la toile...
1/ Première règle, importantissime :
> Pour les filles : on montre toutes ses formes, on assume un max, on en est fière.
> Pour les gars : on se met à l'aise, normal il fait chaud, c'est pas beau, qu'importe ?
2/ Deuxième règle :
Le brésilien aime les femmes callipyges et les mollets bien rebondis.
Quant à savoir ce que les brésiliennes aiment chez les hommes, je n'arrive pas à saisir. Je ne sais pas si le fait de relever son T-Shirt pour exhiber un gros ventre relève de la parade nuptiale
ou non.
* Mes vêtements
En bas :
Donc pour répondre aux canons de beauté du pays, les femmes montrent... leurs fesses.
Et plus elles sont larges et rebondies, plus elles sont moulées et mises en valeur d'une façon inversement proportionnelle à la manière dont on les cacherait en France. Cela au point que dans les
boutiques de vêtement, les mannequins portant pantalons, shorts et jupes sont présentés de dos, histoire d'apprécier l'effet vu de derrière !!! La preuve ?
Eh oui, Patricià, ma prof de portugais m'a même expliqué que les brésiliens parlaient des fesses des filles comme de « la préférence nationale » !!!
On comprend mieux pourquoi le jean ultra moulant est tellement à la mode, 95% des femmes en portent avec un faible pour les shorts et les mini- jupes (compter 10 bons centimètres de hauteur, à réaliser soit même avec un vieil ourlet de pantalon), c'est mieux pour la ventilation biens sûr.
On enregistre ainsi un certain nombre de cas de torticolis chez les hommes, mais finalement pas plus qu'en France...
En
haut :
Une plus grande diversité pour les tops mais toujours le moins de tissu possible (il fait toujours aussi chaud), de la couleur mais du synthétique, c'est insupportable d'accord, mais c'est pas
cher, on peut en changer plus souvent (et ce n'est rien à côté de la mode du bas nylon d'il y a 2 ans...).
Des décolletés plongeants, des ventres à l'air (surtout les filles enceintes), des dos nus ou barbouillés de ficelles et beaucoup de transparence dévoilant de nombreux modèles de soutiens-gorges,
très classe.
A noter que -préférence nationale aidant- les seins à la Jane en mon genre n'ont aucun complexe à avoir si elles sont bien lestées par ailleurs...
Cas particuliers :
En beaucoup moins sexy, il y a les uniformes scolaires des enfants, T-Shirt et bas de survêtement aux couleurs de l'école, le plus souvent en pur synthétique, pour un sauna intime c'est parfait.
Il y a aussi la version sexy-strict de la mini-jupe à plis d'écolière.
Et puis les tenues des vendeuses : chemisette à col rond teinte pastel (rose, vert ou bleu, comme des sucres d'orge) assortie à un pantalon à pince, matière type jersey comme ceux de papy,
sûrement très agréable à porter ; rajouter le filet à chignon de Martine à la danse, ça donne au magasin un genre plus hygiénique...
* Mes chaussures
Pour les chaussures, ce n'est vraiment pas compliqué.
Pour les gars, choix entre :
- des tongs,
- des baskets de cosmonautes que j'aimerais pas être à côté quand ils les enlèvent le soir.
Pour les filles :
- des tongs (semelle allant de 1 à 10cm),
-
Version plus chic
de la danseuse
de samba carioca
(remarquer au passage
la basket de soirée
du partenaire...)
- des chaussures qu'on ne voit en France qu'aux pieds des drag-queen les jours de gay-parade. La semelle compensée en liège gravée de motifs seventies est à l'honneur.
A côté, avec mes chaussures traditionnelles d'Amazonie, je passe juste pour une bonne soeur...
C'est sûr, on se croirait parfois au coeur d'une réserve naturelle de grands échassiers mais bon, les talons d'une part ça grandit les nombreuses petites tailles, d'autre part ça relève les
fesses, pas négligeable. Et je vous jure que c'est franchement énervant quand je me prends les pieds dans les trous et les bosses des rues alors que ces filles perchées sur 15cm sont
parfaitement à l'aise !
* Mes sous-vêtements
En haut :
A Manaus, on ne se prend pas la tête : on voit mon sous-tif en dentelle noire, et alors ? bon ok je l'enlève et ça se voit, pas plus grave.
A Rio, ça rivalise d'imagination pour résoudre ce dilemme : avoir le sein fier sans voir son soutien. Dans les rues, les ventes de bretelles transparentes et de coques font fureur, même si c'est du plastique et que ce n'est pas franchement agréable par 39 degrés, il faut souffrir pour être belle.
En bas :
Bon, venons-en au fait : le string.
Ici, il porte le joli nom de fil dental (prononcer fiou dentao), fil dentaire. Et ils savent de quoi ils parlent. Une bonne analyse de plage m'a permis de le vérifier : 100% des femmes le
portent, toutes fesses confondues.
Mais attention, il en existe plusieurs formes, par ordre décroissant, il y a :
serait au bas du dos et dont la pointe aboutirait au 2ème tiers des fesses,
* le genre « brésilien » (votre épilation préférée), de dos ça donne un triangle à la base relativement étroite mais qui se prolonge
jusqu'en bas des fesses,
* enfin, le maxi-mini, un triangle équilatéral de fortune décorant le bas du dos
qui permet de joindre tous les fils.
A part ça, paraîtrait que les françaises, elles, portent beaucoup plus de strings sous leurs vêtements, ça se voit quand elles se baissent et c'est quasi choquant pour les brésiliennes... alors!
Une question pour conclure ce sujet édifiant : est-ce que le centre de gravité féminin idéal descendrait avec les parallèles?!
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires - Recommander

Un jardin super dangereux quand on y pense, j'en prends conscience en remarquant les fruits géants éventrés dévorés par les insectes, beurk, après s'être lourdement
laissé tomber sur les allées, comme ces feuilles de palmiers qui paraissent bien plus petites tout là haut...
En réponse à Renaud, juste 2 peintures de Rio, l'une réalisée au début, l'autre à la fin du XIXème siècle... l'extension n'a fait
que se poursuivre ensuite à mesure que la mata atlantica se réduisait (forêt de type atlantique spécifique de cette région) qui subsiste heureusement dans le parc national da Tijuca près du
Christ de Corcovaldo. Les habitants, qui préféraient s'installer dans des immeubles le long de plages, ont quitté progressivement le centre ancien et le « barra world », un nouvel
ensemble de barres à habiter (pas 2 ou 3 non, des centaines) est en construction sur la cote, étirant encore la ville vers l'ouest en un quartier qui n'en est pas un...
Rio c'est
d'abord l'attente d'une apparition, le nez collé au hublot du petit avion venant de Sao-Paolo au lever du soleil. Surtout garder les yeux ouverts même après une nuit blanche de vol, j'ai
quand-même la meilleure place à droite pour admirer toute la cote : une ondulation continue de dunes noires, étrange, des centaines d'îles et de presqu'îles et tout à coup une ville gigantesque,
étalée depuis les buildings de la côte jusqu'aux sommets des collines dont le relief n'effraie pas les bâtisseurs des favelas, pas d'autre choix. Je n'arrive pas à comprendre le découpage entre
terre et mer avant que l'avion n'atterrisse, mais au décollage pour le retour, je reconnais presque chaque quartier...
En fait, Rio n'est pas construite directement sur l'océan atlantique, comme je le pensais avant, mais sur la rive Est de la
baie de Guanabara. Elle s'est peu à peu étirée le long de la cote depuis le centre ancien pour atteindre finalement l'océan au Sud, perçant les collines qui freinaient son développement de
tunnels (comme celui qui s'est effondré juste avant notre arrivée). Ces collines (morros) au relief très abrupt forment un véritable écrin enserrant la cité de versants arides à la terre noire ou
de forêts impénétrables (tiens, un macaque!) et vont mourir dans l'eau turquoise de la baie, pour resurgir ça et là, blopblop, en de multiples petites îles et presqu'îles. Oui, c'est beau.
* Alors au Nord se trouve le centro, quartier ancien aujourd'hui d'affaire. Il faut s'entendre, « ancien » ici bien sûr, ça remonte très rarement à plus de
150 ans.
Mais ce centre étonne parce que les bâtiments 19ème
côtoient des immeubles 15 fois plus hauts qu'eux, un effet de créneaux incroyable le long des avenues, le théâtre et le musée des beaux arts début 20ème, la drôle (?) de cathédrale conique de
1976, les immeubles Petrobras qui écrasent de toute leur économie, des ruelles bordées de boutiques colorées, une pâtisserie début 20ème avec serveurs en noir et blanc et musique classique où
l'on se gave de petits gâteaux sous prétexte de découverte culturelle...
*
Un quartier que je n'ai pas visité à l'Est du centre : Maracanà... désolée pour les amateurs de foutchebol... mais en regardant bien, vous verrez le stade, le petit rond là à gauche, c'est ça
!!!
* Au sud du centre, Lapa, le
quartier de la nuit où 100 concerts se jouent chaque soir dans des lieux tous plus beaux les uns que les autres, où la samba sort dans les rues comme les vendeurs de bière et de caïpirinha, où
les femmes comme les hommes portent le talon haut... Lapa, c'est l'âme nocturne de Rio (et je développerai peut-être plus tard... qui sait).
Un front de mer légèrement écrasant d'immeubles touchant le ciel, mais une très belle plage -découpée par catégories de fréquentations : babacools, musiciens, travestis, bronzage intense, etc.-, une eau à température idéale, des
vendeurs ambulants et courageux de bijoux, de boissons, de paréos, d'huîtres (si si) et de DVD pirates, des artistes de châteaux de sable capables d'édifier de véritables monuments éphémères, des
centaines de strings mais je vous jure aucun sein nu (des carrés de 2cm2 pour cacher le bout des seins? ah, ça oui).
Et puis en arrière plan,
le Christ rédempteur juché à 710m sur le morro de Corcovaldo et visible de n'importe où, domine autant les immeubles que les favelas. Un alléluia avec le prêtre black qui se dodeline au pied du
géant barbu accompagné de brésiliens qui hurlent leur foi et tout le monde est content.
C'est une région de l'état de Rio appelée regiào serrana culminant à environ 900m d'altitude que Pedro II, empereur du Brésil au XIXème siècle,
avait choisi comme lieu de villégiature pour fuir la chaleur torride de Rio en été (au moment de notre hiver en France). C'est lui qui décida de la forme urbanistique que prendrait la ville :
respect du tracé des cours d'eau et des flancs de montagne, bravo. Le bâti s'est donc organisé en fonction des rivières, franchissables en de multiples endroits par des petits ponts rouges
caractéristiques et l'architecture témoigne des goûts de la cour (venue du Portugal) de l'époque.
Le Palàcio imperial, fraise et chantilly, immense, a conservé la totalité de son mobilier d'origine ; étrange sensation que celle d'y
trouver en majorité des tapis et tapisseries d'Aubusson, des meubles de Guéret et de la porcelaine de Limoges... !
Encore une impression de se retrouver en France en découvrant le Palàcio de Cristal, une serre en fer et en verre dont la structure a
été offerte... par la France (certainement refilé par Eiffel qui n'avait pas bien calculé ses quantités...). Ce palais était un cadeau du Comte d'Eu à sa femme, la fille de Pedro II (c'est sûr,
il voulait se mettre bien avec son beau-père parce d'autres cadeaux comme ça, il y en a plein la ville...).
Quel être réellement humain resterait insensible face à cet agencement de pierre, de béton et de végétaux, scène d'une harmonie parfaite, où seule la parole manque à ce petit
pêcheur aussi prêt à extirper un poisson de la rivière que moi à dégainer mon appareil photo face à une rocaille ?
Avec un minimum de 28 degre a 6h le matin a l'interieur - donc a l'ombre, une
bonne partie du temps des journees mais aussi des nuits est consacre a boire. Comme l'eau potable ne se trouve quasiment qu'en bouteille et que le pays regorge d'une diversite incroyable de
fruits dont les noms n'existent souvent meme pas en français, les bresiliens s'abreuvent de jus frais (« sugo », je sais Renaud que Marie-Pierre a deja exploite le filon!). On ne
parcourt jamais 20 metres sans croiser un vendeur de fruits sur le trottoir, une baraque a noix de coco (simplement percees au sommet, a boire avec une paille) ou un bar a jus (genre « bar a
vin » version tropicale) qui propose plusieurs dizaines de sortes de jus de fruit. Avec un demi litre de liquide dans l'estomac, ça suffit parfois pour le dejeuner, surtout s'il s'agit
d'avocat (volume equivalent au minimum a 3 fois les notres).
Au choix, papaye, goyave, pasteque, citron, orange,
mandarine, coco, banane (les varietes sont aussi nombreuses que nos varietes de pommes), avocat, mangue, ananas, cacao (rien a voir avec le goût du chocolat), fruit de la passion pour ceux dont
on se fait une petite idee ; mais aussi guarana, açai, cupuaçu, cajou, acerola, bacaba, abacatada, araça-boi, abacaxi, vinho de buriti, vinho de pataua, etc. sans parler du jenipapo qui doit etre
pourri avant d'etre presse... (je n'y arrive pas encore, la reaction d'un bresilien face a un camembert sans doute).
Les repas aussi sont accompagnes de jus, et de biere plutot legere (apres la Belgique forcement...), ça reste desalterant. Et puis
pour les repas du samedi midi et les soirs de fete, la fameuse caipirinha avec 3 tonnes de sucre, du citron vert (pour François : Citrus aurantiifolia, celui en haut a droite sur la 1ere
aquarelle), beaucoup de glaçon et un bon pilon, sauf qu'il paraîtrait qu'il s'agit plus d'une boisson pour les etrangers que nationale... deception ?