Nous voilà revenus de notre séjour-balade en bateau de 5 jours sur le Rio Negro et l'un de ses affluents en amont de Manaus,
le Rio Cuieras.
Pour situer ce dont je parle ensuite : cette vue aérienne présente Manaus (tâche rose) sur la rive gauche (Nord) du rio Negro, la
confluence (à droite) avec le rio Solimoes (en bleu), une portion du rio Negro que
nous avons parcourue, ses affluents et une partie de l'archipel d'Anavilhanas (en haut à gauche). On ne voit malheureusement pas la petite
ville de Novo Airao, encore plus en amont.
Présentation de la maison flottante :
vue d'ensemble du bateau avec ses grandes bâches bleues, à fermer de
préférence la nuit (sauf en cas d'horrible sensation d'asphyxie par le moteur du générateur de lumière) et dès qu'une pluie arrive, souvent précipitamment (sauf départ prématuré en canot, auquel
cas on se réjouit de n'avoir aucune autre solution que de bénéficier d'une bonne douche à durée indéterminée...)
au rez-de-chaussée, la cabine de pilotage et la salle à manger sur l'avant, la petite cuisine ultra ventilée sur l'arrière
au 1er, la chambre et la terrasse panoramique
Les accompagnants : monsieur qui pilote, madame qui cuisine, leur fils qui aide au pilotage et adore passer la serpillière et notre guide à qui nous avons attribué le petit nom de
« Chouchou »...
Nous, nous sommes 5 + Gabriel, le petit frère de Patricia (ma professeur de portugais), sur-excité parce qu'il sort pour la 1ère fois de Manaus.
Pour
commencer, nous avons été observer « a incontras das aguas" (la rencontre des eaux) à 10Km en aval de Manaus : il s'agit de la confluence des eaux noires et acides du Rio Negro
(22 degrés, 2Km/h) et des eaux limoneuses du Rio Solimoes (28 degrés, 5Km/h). Leurs caractéristiques propres sont tellement différentes qu'elles n'arrivent pas à se mélanger pendant plus de 6 Km,
ce qui donne cette « frontière » vanille et chocolat assez spectaculaire, que l'on voit très nettement sur la vue aérienne.
Puis retour en arrière et remontée du Rio Negro en amont de Manaus.
Le rythme : lever pour le petit-déjeuner vers 7h00 / la nuit venue repérage de
l'arbre idéal au tronc bien dégagé sur la berge d'un affluent tranquille pour amarrer le bateau et coucher après le dîner vers 20h30 (ben oui, il fait déjà nuit depuis plus de 2h et ces journées
sont tellement harassantes...), les ondes balançant les hamacs (ou les bousculant si on se trouve par erreur à proximité immédiate d'une autoroute à bateaux), l'oreille aiguisée par les cris des
oiseaux, les hénissements des grenouilles et le passage furtif des animaux qui se réveillent à l'heure où l'on s'endort pour rester bien cachés le jour, les malins.
Entre les 2, ça varie : douches en cabine ou bain dans la rivière à toutes heures, déjeuner normalement à 12h30 pouvant subir un léger décalage de 3h si Chouchou se trompe dans ses calculs de
distance... et bien sûr, des sorties.
Au programme :
* promenades dans cette forêt immense, spectaculaire et sans repère aucun (Chouchou nous a appris à grimper à un palmier et à ne pas mourir de soif grâce à une
liane incroyablement aqueuse, mais pas à rester calme sous des nuées de moustiques ni à retenir nos hurlements quand les fourmis pinceuses s'accrochent à tout prix à nos jambes...),
* visite du musée du
caoutchouc avec un ancien « seringueiro » (c'est toujours bon de se faire rappeler que l'homme est doté d'une capacité créative frôlant la perfection quand il s'agit d'imaginer une
forme d'esclavagisme),
* arrêts
dans de petits "villages" aux maisons en bois, flottantes ou sur pilotis avec de grands escaliers pour s'adapter aux niveaux des eaux : sur la photo, c'est le magasin "chez Lopez" repérable de
nuit grâce à une grande guirlande lumineuse donnant au site un petit côté surréaliste, pris depuis le bateau qui était accroché à l'esplanade d'un bar-restaurant flottant avec toilettes
suspendues au-dessus de l'eau...
* balades en canot, notamment jusqu'à de petites cascades en empruntant le rio Cuieras (après 2h15 de parcours sous la
pluie contre ½h annoncée, nous constatons que Chouchou s'est encore trompé : ce ne sont pas celles-là que Sylvain voulait nous montrer...) et dans un igarapé (suite à 2 départs en sens exactement
opposé, Chouchou qui commençait à perdre sérieusement la boule a dû se faire seconder par le fils du bateau...),
* passage prudent au milieu de « l'igapo » : cette partie de forêt noyée progressivement par la montée des
eaux -qui atteint quand-même 14m à Manaus- laisse apparaître les squelettes des arbres morts servant de perchoir aux hérons et permet aux poissons de déguster les fruits des palmiers dont ils
peuvent enfin atteindre la ramure,
* traversée de l'archipel d'Anavilhanas constitué de 400 îles sur 90Km de long (voir vue aérienne),
* promenade dans la petite ville de Novo Airao : visite de la Fondation Almerinda Malaquias où l'on fabrique de très beaux objets à partir
de bois tropicaux ramassés en forêt et rencontre des petits dauphins roses amazoniens, apprivoisés par une jeune amazonienne devenue célèbre
* mais aussi sieste (Chouchou nous a presque inquiété sur le retour lorsqu'il a dormi plus de 3h sur la caisse du moteur),
dessin,
contemplation des paysages qui défilent, de cette immensité verte, des
berges inaccessibles brunes ou rouges, ponctuées ça et là de cahutes en bois sur pilotis interloquant Gabriel qui se demande bien comment les gens qui habitent là vont faire leurs courses tous
les jours...
Note : toute ressemblance avec des personnes connues serait totalement inespéré
26
décembre, les amis de Syl20 sont arrivés hier de Montpellier.
La barque accoste enfin au pied du lodge de Malocas, les oreilles bourdonnent encore mais on s'étonne déjà du silence absolu qui règne ici. Quelques cabanes en bois sur du sable
blanc, le bruissement des feuilles dans la brise, des chants d'oiseaux par centaine.
J'ai particulièrement aimé son service d'assiettes 100% végétales, pièces uniques faites de pliages de
feuilles multicolores tenues par une épine.
coucou !
Descendre et aller dessiner pendant que les autres ramassent du bois mort pour allumer le feu. Se baigner mais pas trop loin parce
qu'on repense au boa (coucou K-roll!).
S'enfoncer un peu sous les arbres et découvrir un lac magnifique qui ne fera qu'un avec le fleuve au moment des hautes eaux.
Ramasser les chaises longues et toutes les affaires pour rentrer et aussi les sacs et bouteilles plastiques charriés par le fleuve parce qu'on est des gens biens.
La superficie du Brésil équivaut à 16 fois celle de la France. Manaus, capitale de la région Amazonas, se trouve dans une
partie isolée et reculée au Nord-Ouest du pays, pres de l'equateur. Située au cœur du bassin amazonien qui accueille le poumon vert de la planète (on dirait un guide...!), Manaus a été construite
au bord du Rio Negro a quelques kilometres en amont de sa confluence avec l’Amazone. La cité au milieu de la forêt compte quand-même aujourd'hui 2 millions d’habitants et s’accroît régulièrement.
A noter que la forêt vierge continue d’être détruite, si si, sur l’équivalent de la moitié de la Belgique (15000km²) chaque année.