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le Pará

Mercredi 19 mars 2008
... Alors que certains choisissent délibérement d'aller vivre un moment dans la communauté « dos macacos » (des singes), créée au coeur de la forêt par des personnes n'ayant pas assimilé les valeurs du travail, nous rejoignons la ville de Santarem où nous rencontrons dans son petit musée -qui est aussi sa maison et son atelier- la star du Para : Santarem-Dona-Dica.JPG
Santarem-fibres.JPG Dona Dica Frazao, 87 ans, créatrice de vêtements haute couture en fibres végétales amazoniennes. Derrière ses vitrines, une robe pour Fiona, reine de Belgique, une nappe offerte à Jean-Paul II, des bouquets de roses en plumes ultra-kitch. Dans son atelier, un tailleur en attente d'un défilé à Bélem en avril ... un travail incroyablement complexe et minutieux, bravo Dica !

Santarem-de-nuit.JPG C'est par la promenade longeant l'Amazone et sous un soleil de plomb que nous découvrons Santarem. Mais une pluie aussi soudaine que torrentielle nous annonce que la saison des pluies a bel et bien commencé.

 
Le lendemain, un paquet de biscuits retrouvé grignoté nous dit qu'on a bien fait de préférer nos hamacs aux paillasses bosselées de la chambre...
adieu Santarem, nous prenons place à bord du 'Clivia', le bateau qui nous mènera à Bélem en 3 jours et 2 nuits, voire un peu plus puisqu'on lève l'ancre à 12h30 pour un départ prévu à 9h puis annoncé à 11h, ah le Brésil...!


bateau-Amazone-1er-etage.JPG

Visite de notre village flottant, rencontre de ses administrés et de ses habitants qui engagent très vite la conversation et accrochage de nos hamacs dans un lieu de choix. Comment se présente ce bateau ? Au rez-de-chaussée se trouvent quelques cabines, un vaste espace central pour le dortoir à hamac et les repas, les « salles-de-bain » et la cuisine. Un système permet de fixer les grandes tables au plafond. Sachant que le nombre de hamacs est relativement important, ceux qui se sont installés en dernier bénéficient des places sous les tables et sont constamment dérangés. Au sous-sol, les moteurs, les hamacs de ceux que le bruit et la chaleur n'effraient pas (ou qui préfèrent ça aux tables) et la salle à manger des voyageurs qui dorment en cabine. Au 1er, le pilote, quelques cabines, le bar et la terrasse.

bateau-Amazone-firstfloor-copie-1.jpg Trois repas par jour à prendre à tour de rôle, à 7h, 11h et 17h... les filles d'un côté, les hommes de l'autre et malgré mes questions, je n'ai obtenu en guise d'explication que des sourires et un vague argument relatif au côté « pratique ». Au menu : riz, pâtes à la tomate et feijao (haricot noir brésilien) + viande sous différentes formes (celle du midi étant retravaillée pour le soir) accompagnée de sa petite farine de manioc. C'est constant et on n'y voit que des avantages : d'une part on n'a même pas faim en imaginant le prochain menu, d'autre part ça permet de jeûner le soir de façon à préserver son estomac du balancement nocturne des hamacs.

 

Lorsque la nuit tombe à 18h, la plupart des habitants sont déjà couchés et les plus vaillants se retrouvent au 1er. Et c'est autour d'une tisane qu'on discute avec Bob et Andrews du Vénézuela, Daniel de l'Equateur, Chloé la française, Sandor le suisse et Aaron des USA en redonnant une certaine vigueur à l'espéranto.

J'ai quelques difficultés à retrouver mon nid de marsupilami : je n'avais en effet pas saisi le rapport logique entre les 2 arrêts du bateau et l'augmentation de densité de la population... bateau-Amazone-hamac.jpg Du fond de mon cocon, je compte : 13 hamacs sur 3 rangs en quinconces entre 2 poteaux dont l'écartement est exactement de 1m50, ce qui donne pour ceux qui boudent les mathématiques : une paire de pieds dans le dos, une autre au-dessus de la tête, les miens sous le nez du voisin, les fesses de Magali contre les miennes et de l'autre côté le poteau que je heurte au rythme des vagues. Auditivement parlant, contre mon épaule gauche, le hamac version famille dont le couple de 16 ans avec bébé a eu la bonne idée d'emporter une radio qui a un mal fou à capter. bateau-C-line-veut-dormir.jpg Concernant la lampe ultra-violente qui brille toute la nuit au plafond, je finis par me convaincre que c'est une question de sécurité... L'avantage supplémentaire et non négligeable est l'attraction exercée sur tout un tas d'insectes qu'on n'a même pas besoin d'aller observer en forêt. On en retrouve dans les lavabos le matin quand on se lave les dents devant tout le monde (sauf les cafards qui ont triché, car ils ont dû embarquer clandestinement à Santarem). Est-ce pour cela que les brésiliens dorment complètement enroulés et enfermés dans leur drap, tête comprise?

 

Alors que mes voisines, qui ont passé 2h à se brosser et se maquiller, sont déjà apprêtées comme si elles avaient toutes rendez-vous avec le capitaine Merrill à 7h du matin, je me décide à affronter la cabine douche-toilettes, du sport de haut niveau lorsqu'il s'agit de s'habiller les pieds dans l'eau sous une fuite et quasi dans le noir.

 

Mes conseillers croisière m'avaient dit qu'il était impossible de respirer en cabine et je veux bien le croire, surtout qu'elles ressemblent à des cercueils, mais ils avaient oublié de préciser que le billet donne droit à un vrai petit-déjeuner, du pain, des légumes, des desserts et une salle-de-bain qui porte mieux son nom. Si je regrette ? non mais pas-du-tout, il fallait le vivre pour le croire, j'ai dit que j'étais roots non?!

 

bateau-Amazone-accrochage-pirogue.JPG Dès qu'ils entendent le bateau approcher, des enfants en pirogue rament à toute vitesse vers nous pour recevoir de la nourriture - que des passagers leur envoient dans des sacs en plastique- ou monter dans le bateau nous vendre des noix, des fruits ou des racines de yucca. Exercice périlleux que de réussir à s'accrocher d'une main, la rame dans l'autre, ceux qui réussissent en profitent pour se faire promener à grande vitesse!

bateau-Amazone-maisons.JPG Les berges de l'Amazone sont ponctuées de cabanes sur pilotis dont les habitants arrêtent toute activité pour voir passer ce petit événement. bateau-usine-bois.JPG



Sur la rive Nord, une usine
d'exploitation du bois
à laquelle s'accrochent en file
les cabanes des ouvriers
qu'un salaire a attirés...







Belem-theatre.jpg Le sol de Belém balancera encore un moment après notre arrivée. Belém la contrastée... Sur un parcours, il existe toujours des lieux dont on ne garde assurément pas un bon souvenir, simplement parce qu'une succession d'évènements malheureux oriente votre regard dans l'ombre. Le mien aura été Belém : tentative de vol de mon sac au port, avertissements incessants à propos de rues à ne pas fréquenter, intoxication alimentaire due à une noix du Brésil croquée fraîche au marché qui a réussi à faire tomber Magali dans les pommes alors que je subissais les assauts d'une armée d'épée dans le ventre depuis 3h, Belém la sale aux trottoirs troués comme par des bombes, est désertée le soir parce que tout le monde se rend en voiture aux docks, un espace entièrement restauré et très agréable, mais bien clos et qui ne laisse dans la ville à ciel ouvert que les dormeurs de la rue ...

Belem-musee.JPG Et pourtant, avec le recul, je n'aurai jamais vu une autre ville au Brésil si riche en parcs aménagés avec goût, un fort restauré offrant vue imprenable sur le fleuve, un musée historique intelligent et bien conçu, un théâtre aussi luxueux que celui de Manaus, une belle collection de peintures contemporaines, un marché artisanal défiant toute concurrence...
Tout est donc histoire d'impressions...! Belem-palmier-copie-1.jpg
Belem-vue-port.JPG Belem-docks.JPG

Par celle in Brazil
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Dimanche 16 mars 2008
carte-localisation.jpg
Alter-do-Chao (prononcer « chan », rien à voir avec Manu...) se trouve dans l'état du Para, voisin de celui de l'Amazonas (Manaus), mais toujours dans la région de l'Amazonie.





















L'aéroport de Santarem ressemble à une maison de poupée perdue au coeur de la jungle. Il est 5h du matin et, allongées sur le banc en béton de l'arrêt du bus, on assiste Magali et moi au réveil bruyant des oiseaux. Deux bus brinquebalant sont nécessaires pour rejoindre le village d'Alter-do-Chao à 30 Km – mais plus de 2h- de là. bus.JPG Afin de glaner le plus de passagers possible (les transports -urbains ou non- sont exclusivement privés), le véhicule dessert à partir de la route principale une succession de pistes en impasses dont le sable remplace sans transition l'asphalte, au bout desquelles il opère un demi-tour plus ou moins contrôlé. Et il s'ensable... des 2 roues arrières. Instinctivement, les 2 européennes se demandent comment le chauffeur va pouvoir appeler du secours alors que le téléphone ne passe pas et à quelle heure pourrait bien passer le prochain bus. Les brésiliens, eux, rigolent, descendent tranquillement du bus, coupent des feuilles de palmier qu'ils placent sous les roues, poussent le carrosse qui, à force de vas et viens, finit par s'en sortir... nous laissant bouches bées.

Sac au dos, nous débarquons au village où les habitants nous guident jusqu'à la tranquille pousada « Pôr do sol » d'Alain, dit l'africain, que l'on croise alors qu'il repart à Cayenne.

 
Il est 14h lorsqu'on rouvre les yeux, décidées à découvrir le village, ou plutôt le site : sous nos yeux, bordant le rio Tapajos -affluent de l'Amazone- un microvillage adulé des hippies, des plages, une île, des presqu'îles, la forêt, des plages...

plage.JPG bateaux.JPG









La suite se résume ainsi : 5 jours de soleil et de bains d'eau douce, et de beaux moments avec Marion, Robert, Wolfgang et Jonny.

 

AlterdoChao-plages.jpg Vue depuis le village : on rejoint l'île pour 1RS en barque avec rameur à gros biceps et on choisit la plage avec vagues à droite, ou celle, tranquille et ensoleillée plus tard le soir à gauche ; à l'arrière-plan une étonnante colline qui paraît presque artificielle dans ce paysage au relief doux.


 

AlterdoChao-trempette.jpg Constat amusant : les brésiliens ne nagent pas... ils restent des heures à faire trempette dans 40cm d'eau en papotant. Alors, quand j'ai décidé d'atteindre le milieu du fleuve pour faire la planche et m'imaginer que j'étais seule au monde, l'un d'eux m'a interpellée à mon retour pour me dire que je nageais bien ! Quant à Magali qui, après avoir fixé ses lunettes de plongée, traversait dans un élan de crawl la totalité du fleuve, il a dû la prendre pour une professionnelle de haut niveau...
Oubliées les serviettes de plage, ici on est donc dans l'eau ou dans son hamac accroché à l'ombre d'un arbre.

 

AlterdoChao-pieds-dans-l-eau.jpg Pour profiter de l'eau tout en dégustant son plat de poisson ou sa bière, les tables sont installées... dans l'eau, logique !


AlterdoChao-guarana.jpg







Le meilleur guarana du Brésil se déguste sur la place principale d'Alter et comprend du guarana en poudre et liquide, des noix de caju, des cacahuètes, des céréales, du lait en poudre et de l'avocat.
Chercher le vendeur sous son parasol face à l'église !

 

mag-artisanat.JPG On trouve aussi dans ce village la plus belle boutique d'artisanat indien de la région, qui propose notamment des objets en caoutchouc. Mon préféré, le sac à main, est écolo, imperméable et beaux... une idée géniale.

 

AlterdoChao-vertical-copie-1.jpg







Vue sur l'île depuis la plage au bout du jardin de la pousada. Des enfants s'y baignent (au Brésil, ce sont les grandes vacances) et pourtant, ils sont moins nombreux que ceux, hauts comme 3 pommes, qui déambulent sur le sable un panier sur la tête pour vendre des noix du Brésil, des cajus ou des bonbons amazoniens.

 

AlterdoChao-panoramique.jpg







Depuis le sommet de la petite colline, on profite d'une vue circulaire sur Alter-do-Chao, son île, les fleuves, les lacs et lagunes que je n'arrive pas à distinguer et cette forêt hors d'échelle qui me dit que je suis minuscule... Là-haut se trouve un monument symbolisant la paix entre portugais et indiens - ceux qui ont survécu sans doute.

 
Par celle in Brazil
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