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le Nordeste

Mercredi 9 avril 2008
On quitte -à regret- Jericoacoara en se dirigeant toujours vers le Sud. Cette fois, c'est un car des sables sans fenêtres avec banquettes en résine qui nous permet de franchir en 2h les dunes nous séparant du premier village desservi par des routes. 4h plus tard, nous atteignons Fortaleza. Promenade en ville, restaurant au kilo, découverte de la baie, de ses petites plages et observation depuis le pont des anglais des surfers locaux qui, loin du style clinquant des touristes de Jeri, semblent être nés dans l'eau. Au loin, la grande zone industrielle portuaire. L'ambiance urbaine de Fortaleza perturbe nos sens trop rapidement et nous incite à repartir le soir même pour Salvador. Les 22h de car devraient créer une bonne transition...

La chance nous sourit dès notre arrivée : il reste exactement 2 places dans l'auberge de jeunesse « Laranjeiras », notre 1er choix « lonely planet » (encore merci Pedro!) et nous venons tout juste d'apprendre qu'à Salvador l'ouverture du carnaval a traditionnellement lieu le jeudi, soit le sur-lendemain... Cela pourrait paraître anodin, mais Salvador est LA ville du carnaval et les gens réservent plutôt plusieurs mois à l'avance. Bref, non seulement nous avons un toit, mais en plus nous allons assister à une partie du carnaval de Salvador avant de découvrir celui de Rio, les 2 plus beaux du Brésil !


L'auberge de jeunesse, je la recommande vivement : accueil très sympa, belle déco conviviale, petit-dej copieux et une crêperie des plus fameuse à l'entrée, à vous donner envie d'un énorme goûter...





Salvador est la capitale de l'état de Bahia, le plus vaste de la région du Nordeste. La ville se trouve à l'extrémité d'une péninsule et regarde vers l'Ouest, sur la « Baie de tous les saints » qui forme comme une encoche sur la côte atlantique.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Deux niveaux partagent la cité en une ville haute, ancienne, et une ville basse, plus étendue au niveau du port. Elles sont reliées par des rues escarpées, mais aussi par un ascenseur et un funiculaire rappelant « la ficelle » de Lyon.












Salvador, c'est un autre Brésil. L'accent déjà sonne différemment.
Ensuite, la majorité des habitants sont noirs, descendants des esclaves. Salvador était en effet l'une des 2 plus grandes villes coloniales du pays. De nombreux esclaves s'y sont en outre réfugiés au moment de l'abolition de l'esclavage en 1888. Beaucoup plus grands et sveltes que les amazoniens, ce sont aussi pour moi les plus beaux brésiliens! Un regard pourtant plus dur et des sourires moins fréquents, résultat de l'histoire et d'une économie plus faible. Une discussion de terrasse nous a même appris qu'en plus du racisme envers les noirs, il existait un racisme très fort entre les noirs eux-mêmes qui se distinguent par l'intensité de leur couleur due aux nombreux métissages. Habituées au manichéisme des couleurs de peau européennes, nous, qui pensions que le Brésil était la terre promise au métissage, tombons de haut. Comme aux Etats-Unis, une loi de quota relative au nombre de noirs dans les universités vient d'être instituée au Brésil...
Mais la discussion, toujours gaie, traita aussi d'amour, un sujet que les brésiliens abordent aussi fréquemment que naturellement, d'autant plus à Salvador qui incarne la culture la plus passionnée du Brésil.








Le Pelourinho est le quartier historique de Salvador, patrimoine mondial protégé par l'Unesco. Pelourinho signifie poteau (merci Lonely) en référence au pilori auquel étaient attachés les esclaves récalcitrants pour y être châtiés... Ses maisons baroques aux couleurs vives et une multitude d'églises (une pour chaque jour de l'année paraît-il) dominent la baie et révèlent les richesses de la cité coloniale des XVIIème et XVIIIème siècle. Les rues pavées, étroites et très animées sont le décor de concerts perpétuels et les écoles de danse, de musique et de capoeira occupent les édifices anciens.



Quelques heures dans le « Cigarro et Coffe Shop » praça da Sé, où l'on peut déguster dans une ambiance feutrée les fameux cigares de Bahia.


 

 

 









Petite pause en terrasse face à la mer après une promenade dans le Pelourinho moins touristique mais tout aussi coloré. Nous découvrons les jus mélangés, quasiment 1 litre chacune... A priori, ce n'est pas l'invention du fil à couper le beurre, mais pour nos petites papilles, ce mélange de fruits frais est un vrai régal : mangue + goyave + acerola (pas de traduction existante) et ananas + menthe. Magali et moi nous décidons de nous offrir un mixeur à notre retour en France, pour tenter de faire remonter les souvenirs par le goût !



Sur la Praça do Terreiro de Jesus, de nombreuses bahianaises vendent des acarajé -beignets de farine de haricot frits dans l'huile de dendê, remplis d'une sauce de piment et de crevettes séchées- (ou comment être calé pour 2 jours pour seulement 2RS...), des vatapa -pain de lait de coco, crevettes, huile de dendê, noix de cajou, oignon, poivron, ciboule et piment- du caruru -purée gluante à base de quiabo et de haricots, servie avec de la viande de poule et du poisson- ainsi que de nombreux gâteaux au coco.

Sur cette place très animée, des dizaines de filles nous hèlent régulièrement sans arrêter d'agiter leurs doigts experts dans les cheveux courts ou longs de leurs clients, hommes et femmes. Tranças (tresses)? Le travail est magnifique et le résultat souvent probant, j'hésite.
Puis j'oublie en croisant certains touristes pâlots au cheveu fin à qui ce type de coiffure va bien sûr comme un gant et qui ont certainement dû en découdre à la veille de réembaucher...


La déco du carnaval est splendide : chaque quartier est symbolisé par une sorte de totem immense, fait de carton et de plastique colorés avec goût, à la mesure de l'importance de la fête qui s'annonce. Celui-ci est orné de 3 berimbau géants, les instruments à corde des capoeiristas, réalisés en papier mâché et tuyau de chantier.










Dans
chaque rue, des petits moulins tournoyant au-dessus de nos têtes présentent différentes figures de capoeira. Cet art martial est partout très présent puisqu'il a été créé par les esclaves. Des groupes s'entraînent sur les places et demandent une pièce à ceux qui les prennent en photo.

 

Les bahianaises ont compris également -et elles ont raison- l'intérêt qu'elles avaient à ne pas se défaire de leur superbe robe à dentelle et à cerceaux -de couleur pour tous les jours, blanche pour les cérémonies- couverte de dizaines de longs colliers de graines (représentant leurs divinités protectrices), car le touriste veut pouvoir rapporter en boite cette image qu'il avait en tête de Salvador, celle qui fait rêver ailleurs, en posant dans les bras chaleureux de ces jolies dames.

A la veille de l'ouverture du carnaval, campagne anti-alcool et distribution de camisinha (littéralement « petites chemises » que l'on traduit par capote, c'est comme pour le fio dental, « fil dentaire » pour le string, les brésiliens sont très poètes). Le but du carnaval est bien d'expulser les tensions accumulées durant l'année non ?

La campagne a eu la bonne idée de reprendre le fita, le traditionnel ruban bahianais que des enfants vendent à tous les coins de rue, lié au poignet par 3 noeuds, un pour chaque voeu, qui se réaliseront quand le fita tombera. Ces rubans sont un souvenir de l'église Notre Seigneur de Bonfim (Jésus), le principal lieu de pèlerinage et de culte des adeptes du candomblé. La culture bahianaise est en effet imprégnée de ce rite afro-brésilien, qui associe Jésus à Oxalá, leur principale divinité.



Le fort Santa Maria au pied de Salvador surveille la baie. A 1 heure de l'ouverture du carnaval, la plage est bondée et j'ai volontairement ignoré la foule au 1er plan sur la plage où nous sommes quasiment collés les uns aux autres. Derrière nous, d'énormes camions américains sont prêts à faire exploser leur sono, suivis par des milliers de personnes qui attendent pour l'instant tranquillement le départ de ces Trios elétricos. Les bus ne fonctionnent plus, on devra rentrer avec l'un des rares taxi que l'on partage avec un journaliste francophone.

Là-haut, dans le Pelourinho, le carnaval est différent. Pendant toute la journée et surtout le soir, les différents blocos (groupes organisés par quartier ou par thème) défilent déguisés, les tambours en tête dont la force du geste remplit l'air d'un boucan rythmé incroyable, qui dansent en jouant et lancent régulièrement leurs bâtons en l'air comme de vraies majorettes, les spectateurs ensuite dont les vêtements sont aux couleurs du groupe, les ramasseurs de canettes en cortège final, car ici le métal se revend (4RS les 70 canettes) et les jours du carnaval sont en or...!

Par celle in Brazil
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Dimanche 6 avril 2008
A la pointe de la péninsule de la région du NordEste, Jericoacoara se situe dans l'état du Céara dont Fortaleza est la capitale.


Niché entre deux dunes face à l'immensité de l'océan atlantique aux mouvements turquoises, Jericoacoara est le genre de village où l'on passerait une vie entière en maillot de bain, une eau de coco à la main... Considérée comme l'une des plus belles plages du monde, Jeri -pour les intimes- est le lieu top tendance de la côte où l'on croise de grands blonds qui attendent la wave, où les magasins de surfs et les boates (boites de nuits) sont plus nombreux que les épiceries, où l'on décide subitement de rester plus longtemps que prévu...

 

Mais Jeri se mérite. Car si les rues de sable donnent l'impression de poser le pied sur la plage dès le saut du lit et qu'aucune voiture ne perturbe votre chemin jusqu'au 1er bain du matin, c'est qu'il n'y a pas de route asphaltée pour s'y rendre. Seuls des véhicules adaptés à la conduite sur sable le permettent.

Magali et moi dédaignons le trajet par Fortaleza -classique mais plus long- en choisissant de passer par la petite ville de Camocim où l'on débarque le 24 janvier à 22h. Repérage des lieux. Frango passarinho (petits morceaux de poulet frits) dans une des baraques de la place dont le cuistot nous recommande Zé, le propriétaire d'une jeep qui part tous les matins pour Jeri s'il y a assez de monde.


Rendez-vous pris au marché où l'on achète ces petites bananes délicieuses et des noix du Brésil pour le trajet.

 

La jeep affiche vite complet ... 8 personnes sur les 2 banquettes avant, 8 sur les bancs en bois à l'air libre, 2 accrochés derrière, 3 sur le toit avec les bagages, un VTT et une gazinière.




 

 


Depuis la plage de Camocim, la jeep emprunte d'abord un bateau pour traverser un bras d'eau, avant de rouler pendant plus de 2h sur le sable le long de la mer, avec pour tout décor des dunes, des lagunes et du bleu à perte de vue.


Cheveux au vent, silence, admiration et recueillement. Franchissement d'une nouvelle lagune sur un radeau en entrant dans le parc National d'Ubajara. Le 4x4 des sables dépose de temps à autres des passagers dans des lieux où l'on ne voit ni maison ni habitant, puis dans un village comme une oasis. Il paraît que sur ce sol qui n'a en apparence rien de fertile, tout pousse, haricots et cocotiers entre autres.

 


 

Au loin, la haute dune « Pôr do sol » (coucher de soleil) qui cache Jeri, annonce l'arrivée. Déposées dans une pousada bem e barata (bien et pas chère), on adopte aussitôt le costume local traditionnel -maillot, paréo et havaianas (tongs)- pour visiter les lieux et on comprend dès cet instant que Jeri nous retiendra plus longtemps.


Jeri, c'est carrément bobo mais avouons-le, ce petit changement inattendu d'ambiance fait du bien ! Au départ, le lieu avait été repéré par des hippies surfeurs, les vrais des seventies qui roulaient en combi VK. Ensuite le surf est devenu chic, faisant évoluer Jeri à l'image de ses visiteurs. Des pousadas, des bars et des petits restos sympathiques plus ou moins abordables, une déco imaginative et très tendance mais aussi des bouis-bouis où manger un traditionnel poisson grillés riz, salade et haricots. Beaucoup de touristes certes, mais on retrouve ici Wolfgang, Daniel l'équatorien et Alessandro l'argentin. On rencontre aussi Joe (Angleterre), Pablo et Leticia (Uruguay), Claude, Pascal et Gaëtan, 3 suisses qui nous repèrent à nos « têtes de françaises ».


La planche (à voile, kitesurf et sandboard) reste l'activité principale et favorite du lieu. La trempette plus que la baignade également, car de ce côté de l'atlantique, on a pied sur des dizaines de mètres. Heureusement, le courant laisse sur la plage des petits bassins d'eau chaude dans lesquels s'installer pour admirer les prouesses des sportifs qui de toutes façons sont là pour ça.

La présence dans cette « Aire de Protection de l'Environnement » de buggys trop nombreux, bruyants et polluants, détonne quand-même, surtout quand il s'agit d'emmener des touristes musique à fond vers des lieux qu'on atteint en une promenade...


Regardant l'Atlantique, le village se love entre la dune « Pôr do sol » au Nord et une petite colline verte dont la falaise sur le flanc surplombant la mer évoque la côte d'argent du pays basque, encore ! 

En fin de journée, la dune est mouchetée d'adeptes romantiques venant admirer la mer avalant le soleil. Bizarre ? bravo à ceux qui suivent ... regardez bien la carte : Jericoacoara se trouve en effet sur une partie de la côte brésilienne orientée Nord-NordOuest, permettant en un jour si l'on veut, d'admirer le lever du soleil à Fortaleza et son coucher à Jeri... pas mal.

Quand on regarde au loin le sable qui ondule jusqu'à l'horizon, on s'étonne de la présence de troupeaux de vaches au creux des dunes. Le soir venu, elles sortent en ville avec leurs amis les ânes, fouillant malproprement les poubelles bien remplies des restaurants.

Au même moment, des groupes de capoeiristas -torse nu et pantalon blanc de rigueur- viennent s'échauffer sur la plage. Un cercle se forme ensuite pour une roda (démonstration) au milieu duquel deux d'entre eux « s'affrontent » en danses acrobatiques au rythme du berimbau, des tambours et des battements de mains.

A la nuit tombée, l'ambiance s'électrifie. Une nouvelle rue surgit alors de nulle part, orientée droit vers la plage, cadrée de dizaines d'étals regorgeant de bouteilles multicolores dont les vendeurs proposent aux âmes inconscientes qui s'y aventurent caipirinha, caipiroska (de la vodka au lieu de la cachaça) et autres boissons à teneur minimum en alcool. Mais pour digérer le dîner, il y a ici autre chose que la samba : quelle euphorie, pouvoir enfin sauter dégingandée sur les rythmes technos insupportables du « Planeta Jeri » d'où Magali s'enfuit en courant. Puis se laisser convaincre d'apprendre le forró avec the professeur attitré du « Bar do Forró » qui, s'il n'avait pas déjà été chauve, se serait arraché les cheveux au bout de la 3ème danse. Bien sûr, celles qui dansent mieux décrochent des propositions de cours particuliers nocturnes sur la plage...

Par celle in Brazil
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Samedi 22 mars 2008
carte-localisation-copie-1.jpg
A 12h de car au Sud-Est de Belém, São Luis se trouve dans l'état du Maranhão et dans la région du Nordeste qui comprend la plus grande partie de la côte atlantique brésilienne.














L'envie de dessiner revient quand le lieu s'y prête.
Classée au patrimoine mondial de l'Unesco, la ville coloniale me touche par la beauté de son centre historique, sans doute parce qu'
en Europe nous avons érigé l'ancienneté au rang d'idéal esthétique : larges places arborées, rues pavées au relief exagéré et vues sur les toits en tuile, bâtisses couvertes d'azulejos ou dont le blanc immaculé des murs souligne élégamment les boiseries rouges, bleues, vertes ou jaunes souvent cadrées de pierres. SaoLuis-rue.JPG SaoLuis-porte.JPG

SaoLuis-feu-azulejos.JPG










Patrimoniale jusque
dans ses feux
tricolores recouverts
d'azulejos... en linoléum !


SaoLuis-voile-rouge.JPG Et la brise salée de la mer, enfin ! Même si la ville borde plus exactement le rio Anil, à l'embouchure du fleuve sur la baie São Marcos, j'aime revoir le mouvement de la mer qui se retire ici très loin, laissant nu le sable gris et humide que les ibis bleus explorent méticuleusement. Au loin, les grandes voiles triangulaires colorées des bateaux traditionnels de pêche.

SaoLuis-fonte.jpg La magnifique fonte Ribeirão approvisionnait autrefois la ville en eau. Sa façade vive et travaillée surprend comme la grande dalle en pierre entaillée d'une rigole qui la devance en contrebas d'un large escalier. On imagine que l'eau sortait des fenêtres à barreaux derrière lesquelles a été découvert en 1990 un réseau incroyable de galeries parcourant le sous-sol de la ville. Plus tard, à Salvador, une exposition du photographe français Pierre Verger nous a montré des enfants à l'assaut des fenêtres de cette fontaine alors sans couleur. Ce bleu a t'il droit de cité dans la palette chromatique saint-louisienne ou est-ce une pure fantaisie de la municipalité, se demande la française...


SaoLuis-rasta-hom.jpg São Luis, c'est aussi la capitale du reggae au Brésil, et ça se voit par la proportion plus qu'importante de dread locks. Ce sont même les grand-mères, installées sur leurs chaises dans la rue, qui crochètent les larges bonnets rouge, jaune et vert ! La ville agit comme un véritable aimant pour les adeptes du rasta farri et les hippies aux pieds nus vendant des bijoux artisanaux (qu'ils fabriquent pour payer leur voyage) sont ici plus nombreux que dans n'importe quelle autre ville brésilienne.

La musique est partout dans les rues, sur les places, dans les bars, jusque dans la chaleureuse librairie-cyber-café où l'on a rencontré le roi local... de la samba, Antonio Vieira, fredonnant.

SaoLuis-rasta-fem.jpg C'est à São Luis que j'entends pour la première fois du reggae en portugais. Lors d'un concert en plein air, j'avais remarqué la coiffure de Celia -une vraie pièce montée à la Fontanges- avant qu'on nous la présente. Figure du reggae, elle travaille actuellement à la création d'un label local avec des groupes chantant en portugais pour que les jeunes comprennent le message de Bob Marley. Elle nous explique que dans la traduction récente d'une chanson française, ils ont élagué une partie du texte afin qu'il ne soit pas mal interprété.


Pour les adeptes de Jah (lillois et autres...), le « Festival Maranhense do reggae » a lieu pendant 4 jours en novembre avec des musiciens locaux, nationaux et jamaïquains.

SaoLuis-resto.jpg SaoLuis-culinaire.jpg Dégustation des plats locaux ou cachaça voire petite samba au restaurant « Antigamente », sur la belle place du Largo do Comércio, décoré de dizaines de statuettes de femmes aux jolies courbes, d'animaux rigolos et autres objets dignes d'une brocante. Une nouveauté pour moi car à Manaus, tout ce qui est ancien est considéré avec dédain car ayant perdu sa valeur ; les brocantes sont donc inexistantes et les voitures d'occasion rares...

SaoLuis-BumbaMeuBoy.jpg Le bumba meu boi est une fête folklorique originaire de São Luis aux influences métisses (africaines, indiennes et portugaises) devenue célèbre dans tout le pays. Elle a même été portée jusque dans la forêt amazonienne par les Nordesten venus y récolter l'hevea, lorsqu'ils ont compris qu'ils ne pourraient plus jamais rentrer chez eux... Au départ, une légende : l'histoire d'un ouvrier de ferme marié à la fille du patron, qui comme elle est enceinte – la fille bien sûr- a l'envie bizarre de manger la langue du meilleur boeuf de la propriété. Le mari se laisse convaincre mais il est vite démasqué, traîné devant la justice jusqu'au moment incroyable où le boeuf ressuscite grâce à des incantations magiques (c'était peut-être le boeuf de la crèche qui avait été à bonne école, il n'y a pas de raison), le gars est gracié et c'est la fête. Et elle dure 2 mois...! Tout le reste de l'année est consacré à la confection des costumes, création de chansons, poèmes et pièces de théâtre. On voit partout des statuettes de jolis petits boeufs noirs maquillés portant une grande jupe colorée.

En fait São Luis est une fête perpétuelle...!
Au fait, romantique pourquoi ? non ce n'est pas là que Magali et moi avons dîné aux chandelles... il suffit que la ville serve de cadre à une télénovelas (série TV) très romantique pour qu'elle le devienne aux yeux des brésiliens, parce que les télénovelas ici, il n'y a que ça de vrai !


Alcantara-cloches.JPG Au départ de São Luis, un bateau permet de rejoindre Alcântara, situé de l'autre côté de la baie de São Marcos.

Arrivés en 1612, les français eurent juste le temps de la fonder avant de se faire renvoyer par les portugais et São Luis se développa grâce à l'exportation du sucre et du coton, cultivés par les esclaves noirs et les indiens Tupinambá. Le village d'Alcântara, entièrement édifié par les esclaves, était le centre de cette économie et le lieu de résidence des grands propriétaires.

 

Alcantara-chapelle.JPG Alcantara-ruines.JPG

 


 

 

 

 




Alcantara-chemin-herbe.JPG




Juché au sommet d'une colline verdoyante dominant la baie, c'est un véritable joyau architectural avec ses maisons des XVIIème et XVIIIème siècles. Les quelques habitants et propriétaires n'ayant pas tous les moyens d'entretenir leurs maisons, le village comprend de nombreuses maisons délabrées et tout un quartier de ruines aux pierres noires comme s'ils elles avaient été brûlées, desservies par des chemins en herbe où se promènent des vaches en liberté.

 

Une vision surréaliste magnifique. 





En montant depuis le petit port tout en haut de la longue rue pavée (désherbée par une dizaine d'hommes à la main!), on atteint la grande place centrale rectangulaire où se dressent une église -en ruine-, un pilori et l'ancienne prison. Alcantara-place-copie-1.jpg C'est sur cette place que donne également la splendide demeure d'un des « grands propriétaires » transformée en un très beau musée historique, présentant notamment les produits créés grâce à la terre très argileuse du sol, briques, tuiles et poteries. Alcantara-museo.JPG

Alc-ntara-eglise.jpg










 


L'un des 2 dômes de la plus grande église d'Alcântara a des airs basques avec ses murs à la chaux et ses boiseries sang de boeuf.

 




SaoLuis-doce-de-especie.jpg




On ne résiste pas à la « doce de especie », un petit gâteau au coco en forme de tortue, spécialité locale dont nous avons fait nos petits-dejs dès le matin de notre arrivée, un vrai régal !

 


Alc-ntara-p-che.jpg Assises au bord du fleuve, nous observons des hommes pêchant la crevette (qui accompagnent tous les plats traditionnels) selon une technique étonnante : dans l'eau jusqu'au torse, ils tirent lentement un filet relié à une barque dans laquelle une femme ramassant le fruit de la collecte.

Alcântara est magnifique. Mais le rouge vif de sa terre comme des ibis est peut-être là pour nous demander de ne pas oublier la douleur et la honte de son histoire.

Par celle in Brazil
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