Le ksar d'Aï-Benhadou, camouflé dans la roche nue dont il a extrait ses murs ocre-roses, domine l'Oued Mellah que l'on traverse à dos de dromadaire ou pieds nus sur un chemin de grosses
pierres glissantes.
Le plateau désertique à 1200m et les montagnes du Haut Atlas. Des cailloux, du sable, quelques chardons pour les ânes et la trace creuse d'un oued souvent tari.
En remontant la vallée du Dadès, les palmiers cèdent le sol aux bouleaux à l'écorce d'un blanc immaculé et aux amandiers en fleurs roses. Les parois abruptes en millefeuilles obliques ou
tout en rondeurs rougeoyantes des gorges plongent à pic sur un camaïeu géométrique de cultures vert tendre.
L'absinthe du désert, ramassée entre Zagora et M'Hamid, où le désert de cailloux devient sable, les tamaris remplacent les acacias. Des nattes d'herbes séchées placées en bandes parallèles obliques de part et d'autres de la route empêchent le sable d'ensevelir l'étroite chaussée.
Nuit dans le désert. Le temps s'arrête autour du thé, du chat et de la tajine aux dattes. Le vent souffle et transporte le sable en légers nuages surfant sur les dunes à perte d'horizon.
Les guides chantent dès le lever du soleil, c'est beau et apaisant ; comme les ramasseurs de riz au Laos, pour le courage aussi ; je me dis qu'en France on ne chante plus. Des puits creusés à
plus de 15 mètres de profondeur apportent de l'eau salée qui relève mal le goût du dentifrice.
Réveil à Ouarzazate le matin du 6 mars.
La kasbah Taourirt domine le ksar. Cet ancien quartier juif
Tapis au coeur du très populaire quartier de l'ancien ksar,
le restaurant de la Kasbah des Sables surprend par la grandiloquence de son décor et de l'ambiance, fruits d'une observation subtile de la culture et des traditions marocaines, et de la patience
que les passionnés savent acquérir pour aboutir leur rêve, dont leurs hôtes, aujourd'hui, se régalent.